

Raphaëlle n’a que dix-neuf ans lorsqu’elle rencontre Laurent brillant avocat de vingt ans son aîné, chez qui elle fait un stage.
Bien que née dans un bon milieu, c’est une jeune fille pas très sûre d’elle, plutôt solitaire. La rencontre du beau Laurent, prêt à l’aider, change tout. Il lui ouvre des horizons nouveaux, ceux dont, peut-être, on peut rêver. Pour Raphaëlle, c’est le grand amour, celui qui montre une direction, ouvre des portes, laisse entrer la lumière et permet bien des rencontres. L’histoire de Raphaëlle et de Laurent s’étale pendant dix ans. Dix ans de voyages, d’appartement dont on change, que l’on décore. Une presqu’insouciance ourlée de légèreté. L’enchantement est là, aussi bien pendant les vacances sur les pistes enneigées, que très loin aux États-Unis.
Raphaëlle enseigne à l’université et vient forcément le temps où une femme, horloge biologique oblige, s’interroge sur une possible maternité… Laurent ne veut pas d’enfants. Éternel gamin ? Il poursuit sa vie de rencontres et cocktails mondains où tout pétille. Mieux, il va attirer à lui les ami(e)s de Raphaëlle… A-t-on affaire à quelqu’un qui serait un peu manipulateur ? Raphaëlle sombre.
On suit l’histoire de la jeune femme et l’on se dit qu’elle met bien du temps à réagir, à dire stop. Cette rupture qui s’annonce la replonge dans sa fin d’adolescence où elle était si fragile. Mais ne l’est-elle pas restée ? La vie auprès de Laurent qui tente, un jour oui, un jour non, de la retenir en affirmant la protéger est-elle une vie « normale ».
Une histoire qui fait songer à celle de tant de couples construit à partir d’un élan auquel on n’a pas eu le temps de réfléchir. Une histoire qui interroge. Qu’est-ce que l’amour, qu’est-ce qu’un couple solide ? Qui met aussi en garde contre les vies dites de rêve. Qui pose aussi la question du devenir et de la transmission, par la maternité. Une naissance peut-elle réparer, cicatriser les blessures ?
D’une belle écriture, Stéphanie de Saint Marc conte cette histoire avec délicatesse et pudeur.
Déjà auteure d’une biographie consacrée à Nadar chez Gallimard, elle s’était attelée aux Grands procès du XXe siècle dans la collection Bouquins chez Robert Laffont, ce roman est son premier roman, on attend la suite.

















