Mathias Malzieu nous avait déjà enchanté avec un sujet grave, Le journal d’un vampire en pyjama qui évoquait sa maladie, sa greffe de moëlle osseuse…

Avec Le guerrier de porcelaine, il entreprend de nous raconter l’histoire de son père en 1944 qui quitte Montpellier pour aller se réfugier chez sa Grand-Mère de l’autre côté de la ligne de démarcation. En général, on quittait la France occupée pour se rendre en zone libre. Quoique en 1944, il n’y avait plus de zone libre.

Mainou a à peine dix ans. Il doit rejoindre le pays de Bitche… Son père ne peut s’occuper de lui. Sa mère vient de mourir en couches. Il arrive donc caché dans une charrette à foin… chargé d’une boîte qu’il ne doit pas ouvrir. Voici une part de mystère…

Il est bien accueilli à la Frohmühle, nom de la ferme épicerie. Mais chez la Grand-mère, on n’est pas très démonstratif. Du côté de la tendresse, c’est un peu rugueux. Mainou sait que sa mère, Élise, est partie dans ce monde invisible. Il faut digérer le chagrin. Alors il écrit, raconte à sa mère son quotidien à la Frohmühle… Écrire, se souvenir, c’est encore la faire vivre.

Il apprend à se cacher quand la sirène se déclenche avant un bombardement, quand les Allemands viennent se ravitailler chez la Grand-Mère où vivent l’Émile et Louise desquels il reçoit le code de survie :  rester caché. Mainou a une capacité hors du commun pour s’adapter et apprendre à aimer La Grand-Mère, une femme forte, ferme qui ordonne, Louise qui parle du Bon Dieu et va lui faire la classe. La tendresse, il la trouve auprès de l’Émile qui se prend d’affection pour cet enfant et lui révèle quelques secrets.

L’auteur sait raconter cette guerre en se mettant dans la peau d’un enfant… Les drames ou jours sombres sont ourlés de poésie. Une page appelle une autre page. Le charme est là. 

Que sont ces bruits dans le grenier ? Où va l’Émile sur son biclou ? Qui est Rosalie ? 

Ce pays de Lorraine ne ressemble en rien à ce qu’il a connu. Heureusement, on lui a offert un œuf étrange, bien gros, plus qu’un un œuf de poule… C’est un œuf de cigogne qu’on garde au chaud et qui verra naître un cigogneau que Mainou appellera Marlène Dietrich et qu’il nourrira jusqu’à son envol…

Merveilleux livre ! Un cri d’amour d’un fils pour son père. 

Mathias Malzieu qui est aussi le chanteur du groupe Dyonisos a bien du talent. Il séduit par ses musiques, ses ouvrages, ses films.

À lire de toute urgence. 

2 commentaires sur « Le guerrier de porcelaine, par Mathias Malzieu, éditions Albin Michel »

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