

L’auteure nous emporte dans le bordelais au cours des années soixante-dix et brosse le portrait de Marie-Lou, jeune et jolie serveuse dans un restaurant, mère célibataire d’une non moins ravissante Dora. Toutes deux vivent chez Luce, mère et grand-mère veuve de guerre. Marie-Lou n’a pas connu son père. Près d’elle, Clovis, le cousin qui vient de partir sur les chemins de Katmandou.
Pour l’anniversaire de Dora, Marie-Lou lui offre une jolie poupée en vitrine chez un ami antiquaire. Dora la désirait plus que tout. Et sitôt la poupée Millie installée dans la chambre de Dora, d’étranges phénomènes se produisent. La poupée serait-elle ensorcelée ? Un médium recruté déclare qu’elle est habitée par l’âme de quelqu’un qui a été assassiné. Dans le même temps, Marie-Lou est victime d’un accident de voiture et est miraculeusement recueillie par Virgile, le gardien d’un domaine viticole.
Ces incidents réveillent des mémoires endormies et Luce commence à parler à sa fille de cette terrible période que fut la guerre, l’Occupation, la Résistance à laquelle son père Josué participa. Pourquoi tant de silence ? Que voulait cacher Luce ? Et la terrible Aude ? Clovis est-il l’homme qu’admirait Marie-Lou ?
Cette guerre a laissé bien des traces et les cicatrices sont à peine refermées. Surtout lorsque des héritages ont été captés. Le nœud de tant de mystères est sans doute plus sombre et plus douloureux que l’énigme posée par la poupée Millie qui sert surtout de révélateur.
C’est tout l’art de la romancière de nous conduire dans une belle région viticole sur les traces d’un savoir-faire hors du commun et d’y parvenir avec une juste mesure, tout en claquant le bec des redoutables démons du passé, bien plus nocifs que les milliers d’esprits à la solde de Satan qui ne sont sans doute que l’incarnation des mauvais penchants humains, que je vous laisse le soin de découvrir.


















