

Les neiges ne sont pas qu’une immense étendue de poudre blanche immaculée figeant toute vie. Patrick Breuzé s’est imposé tel un auteur de montagne et lui sait parler d’elle, de ses beautés, de ses risques, de ce qu’elle impose aux humains qui l’habitent, sans en exclure les histoires d’amour.
Avec Les buveurs de ciel, il nous entraîne en un lieu semblable à tant d’autres lieux de France. Dans un café alpin… Francky, vient d’arriver. Nouveau patron de bistrot avec Lili, sa serveuse, dont il dit qu’elle est sa femme ou sa compagne. Que nenni ! Si Lili travaille pour lui, elle dort dans une voiture, dans un parking… Il n’est pas question de partager l’espace avec lui. Elle en a trop peur.
Au café, défilent les habitués, le Juge, Banquise, le poète, Adrien Cervoz, tous plus aptes les uns que les autres à lever verres et bouteilles qu’on inscrit sur l’ardoise qu’à autre chose. L’habitude !
J’ai oublié un personnage, le plus important, peut-être, Henry Payen d’Orville qu’un récent accident de montagne contraint au fauteuil roulant et qui poursuit sa rééducation sans cesser de peindre. C’est l’artiste des lieux, bien né et qui et a recours à quelques bouteilles cachées sous son lit pour supporter les jours sombres.
Lili, qui s’appelle en fait Élisabeth, observe. Ses belles mains disent beaucoup d’elle que la vie a cabossée. Et quand Henry perçoit en elle bien des blessures, il se sent une parenté avec elle. Ressenti réciproque. Il lui propose de venir l’aider dans son quotidien. Autant il a les mots pour expliquer les choses, autant, la belle et douce Lili se perd dans les phrases qui pourraient peindre ses émotions. Henry peut l’aider. Il la comprend. Son regard a quelque chose de la lumière. Ce qui n’est pas du goût du tout de Francky, le brutal, sans aucune délicatesse.
C’est une sorte de huis-clos savoyard… Des portraits qui déchirent la toile du ciel et tracent des sentes douloureuses dans la poudreuse.
Si tragédie il y a, la lumière espérée viendra.

















