

Philippe Grandcoing est historien et spécialiste du XIXe et XXe siècle. Sous sa plume de nombreux ouvrages ont vu le jour et il a créé un personnage bien sympathique Hippolyte Salvignac, un antiquaire, devenu un fin limier, enfin pas tout seul. À ses côtés, la charmante Léopoldine, une artiste peintre féministe. Elle refuse le mariage. L’amour est le seul lien valable. Jusque-là, tout va bien. On peut ajouter Jules Lerouet dans les enquêtes que mène le cher Hippolyte, encore sous la domination bienveillante, mais tenace du papa. Pas loin de quatre-vingts ans le cher Aristide qui pense à l’avenir du fiston et qui paraît bien accepter la vie amoureuse de son rejeton. C’est que Léopoldine lui plaît vraiment.
L’idée de papa Salvignac, c’est d’offrir un château, une terre qui rapporte à son fils (c’est un plus sérieux que le commerce du fiston) et cela pourrait être le château de Rocalbes… C’est non loin d’un lieu réputé où la Préhistoire a laissé des traces et où se pressent des chercheurs, des archéologues et anthropologues, plus ou moins sérieux, en tout cas intéressés, et qui n’hésitent pas à se lancer dans des trafics en tout genre, vrais faux silex… Les comptes en banques ne sont pas regardant dès lors qu’on les alimente. Argent propre, argent sale, peu importe. L’argent peut tout.
On comprend que parmi les grands chercheurs se trouvent une bande de fripouilles qui ne reculera devant rien. Eh oui, il y aura même des meurtres. Certains imagineront des stratagèmes pour s’approprier de réelles découvertes. Dans ce cas, on n’hésite pas à déplacer des ossements pour les mettre sur un autre terrain. Tout est bon… Otto Hauser, hôtelier et homme d’affaires suisse traîne une réputation plutôt sulfureuse, mais il est là. Méfiance !
Le mérite de l’auteur, dans cette enquête passionnante, qui nous entraîne en même temps dans des secrets de famille qu’on n’imaginait pas, c’est de mêler des personnages réels à ceux de la fiction. C’est un peu sa marque de fabrique. On est historien ou on ne l’est pas. Pour le lecteur, c’est jouissif et les lieux du Quercy et du Périgord sont parfaitement décrits. On a même envie d’aller sur place… Prudence, cependant. Sait-on ?
Je précise que si on n’a pas lu les épisodes précédents, on peut parfaitement découvrir La Malédiction de Rocalbes. Les histoires sont parfaitement indépendantes.

















