

Quand Évelyne Dress, comédienne, réalisatrice, prend la plume, elle trouve le juste ton pour parler de la vie. Les romans, qu’elle offre, comporte une part de sa vie. Si on se livre avec son cœur, on y met ses tripes, et ce faisant, elle n’omet ni l’humour ni la tendresse et ose remonter aux origines. Derrière oser la vie, se cache la quête de sens indispensable à l’équilibre.
Voici donc l’histoire d’Éva Feld, avocate pénaliste, divorcée après un long temps où elle a fermé les yeux sur les coups de canif dans le contrat que donnait joyeusement Bruno, l’époux médecin. Mais au moment de l’histoire, tout est fini. Il a refait couple avec une jeunette. Vient ce Noël où, pour ne pas se retrouver seule face à la dinde farcie de marrons – les enfants et petits-enfants seront entre eux– Éva préfère sauter dans un avion et se retrouver à l’Hôtel du Palais de Biarritz que fréquenta Napoléon III et son épouse si attachante, l’impératrice Eugénie de Montejo. Il ne reste qu’une suite à plus de mille euros la nuit. Une folie, sans doute. Mais c’est le prix de la liberté pour Éva qui se débrouillera plus tard avec son banquier.
Libre, Éva l’est. Mais le miroir lui renvoie l’image d’une femme qui a certes gardé la ligne –malgré quelques accès alimentaires, quand on comble certains vides dus à l’absence et à la solitude. Or, à 70 ans, on a quelques rides et une toison blanche.
Et si elle osait voir le monde autrement. Et si elle laissait aller son cœur et son corps… Le corps ne meurt pas à 70 ans. Il a encore besoin de soins et de caresses. Et quand se présente Henry, charmant homme qui œuvra à la Cour d’Appel à Versailles et qu’il lui propose de découvrir Biarritz autrement, de la conduire à Bilbao au musée Guggenheim, elle pourrait refuser, mais elle accepte. Il est l’homme fin qui écoute. Il invite à la confidence. Il y a chez Éva une porte qui s’ouvre, celle de l’amitié… Elle ose lui confier ses troubles et parler de ses origines juives. Ici et là fleurissent des extraits du Deutéronome, de l’Ecclésiaste et viennent les souvenirs du grand-père affirmant que chaque être doit rencontrer son bashert, la personne que Dieu promet à tout un chacun dès sa naissance… Éva pense à Salim, le kiné de l’hôtel, dévoué, mais n’est-il qu’un rêve ?
La lecture de ces 5 jours, on va même jusqu’au 6ème, est une recréation (comme dans la Bible). Que sera le 7ème jour ? Celui du repos et de la louange ?
Joli roman, sensuel et délicat, qui prouve qu’à 70 ans tout est encore possible.

















