

Elle ose tout et nous, lectrices et lecteurs, pouvons nous réjouir. Voici Jeanne Cressanges avec un roman célébrant Le Bout du Monde. Une maison sur les hauteurs de Saint-Dié-des-Vosges, non loin du col de la Chipotte, que prête Éléonore, la fille d’Yvonne Tristan qui fut une célèbre violoncelliste. Éléonore a passé les clés à Pauline, journaliste, critique littéraire parisienne pour qu’elle se refasse une santé après avoir courageusement fait face à un cancer. En cas de besoin, elle peut faire appel à la vieille aubergiste, qui est prévenue de son arrivée. Sa blanquette de veau et son Whisky lorrain (mirabelle) sont extras.
Pauline est brave face à un environnement nouveau, inconnu, qui pourrait paraître hostile à la Parisienne qu’elle est.
À l’auberge elle croise une sorte d’homme des bois, un forestier aux yeux bleus qui sait tout du Bout de Monde (elle l’appelle le dogue). Du temps d’Yvonne, c’est lui qui veillait sur les lieux. Il va faire la même chose pour Pauline moyennant monnaie. Pour Yvonne, c’était gratuit. Pourquoi ?
Pauline, dans cet environnement parfois hostile, doit se raisonner. Tout rassure et terrifie à la fois.
L’ombre de la violoncelliste est là et Pauline ne sait que penser. A-t-elle des hallucinations, des angoisses ? Qui hante les lieux ? Le forestier qui sait tout faire, débroussailler comme préparer repas et boissons, était au plus près de la musicienne. Quels liens et secrets les liaient ?
Pauline s’inquièterait-elle pour rien ? Les ressorts du roman policier sont parfaitement utilisés. Le diable est proche des anges.
Jeanne Cressanges qui a publié Le luthier de Mirecourt, fut journaliste et a travaillé pour le cinéma, nous offre une partition de haute volée.
















