Le Bout du Monde, par Jeanne Cressanges, Éditions Christine Bonneton

Elle ose tout et nous, lectrices et lecteurs, pouvons nous réjouir. Voici Jeanne Cressanges avec un roman célébrant Le Bout du Monde. Une maison sur les hauteurs de Saint-Dié-des-Vosges, non loin du col de la Chipotte, que prête Éléonore, la fille d’Yvonne Tristan qui fut une célèbre violoncelliste. Éléonore a passé les clés à Pauline, journaliste, critique littéraire parisienne pour qu’elle se refasse une santé après avoir courageusement fait face à un cancer. En cas de besoin, elle peut faire appel à la vieille aubergiste, qui est prévenue de son arrivée. Sa blanquette de veau et son Whisky lorrain (mirabelle) sont extras.

Pauline est brave face à un environnement nouveau, inconnu, qui pourrait paraître hostile à la Parisienne qu’elle est. 

À l’auberge elle croise une sorte d’homme des bois, un forestier aux yeux bleus qui sait tout du Bout de Monde (elle l’appelle le dogue). Du temps d’Yvonne, c’est lui qui veillait sur les lieux. Il va faire la même chose pour Pauline moyennant monnaie. Pour Yvonne, c’était gratuit. Pourquoi ?

Pauline, dans cet environnement parfois hostile, doit se raisonner. Tout rassure et terrifie à la fois.

L’ombre de la violoncelliste est là et Pauline ne sait que penser. A-t-elle des hallucinations, des angoisses ? Qui hante les lieux ? Le forestier qui sait tout faire, débroussailler comme préparer repas et boissons, était au plus près de la musicienne. Quels liens et secrets les liaient ?

Pauline s’inquièterait-elle pour rien ? Les ressorts du roman policier sont parfaitement utilisés. Le diable est proche des anges.

Jeanne Cressanges qui a publié Le luthier de Mirecourt, fut journaliste et a travaillé pour le cinéma, nous offre une partition de haute volée.

La fille d’Omaha Beach, par Geneviève Senger, Éditions Presses de la Cité

Geneviève Senger sait remonter le fil du temps pour conduire lectrices et lecteurs dans les méandres de l’histoire où des cœurs ont forcément battu.

Avec ce roman qui prend aux tripes, l’auteure évoque l’après-guerre et un fait peu connu. Des prisonniers de guerre allemands ont dû réparer des fautes et parfois mettre leur vie en danger. Ici, ils ont dû déminer des lieux, des champs qu’ils avaient planté de mines meurtrières. 

Tout commence avec Claire qui se rend au mariage de son amie de toujours. Le fiancé est revenu du STO et on se marie. Claire qui vit avec sa grand-mère, son père a été tué par la Gestapo (dénoncé ?) et Lucas, le fiancé adoré est mort en camp de concentration (résistant dénoncé, lui aussi ?). Elle ne parvient pas à rester à la fête et se sauve. Elle ne peut ni ne veut oublier ce tendre et bel amour. Au détour d’un chemin surgit le chien de Lucas qui passe sous les barbelés d’un champ encore miné. Elle veut le rattraper. Une mine fait exploser la bête tandis que surgit Joaquim, l’un des boches requis pour ce boulot dangereux. Il parvient à la sauver, touché par sa grâce et sa beauté, tandis que « le protecteur » amoureux depuis toujours s’agace, il se reprend à croire en la vie et l’amour et se souvient de son itinéraire de nazi jusqu’à devenir un « refusant ».

Le talent de Geneviève Senger, c’est de montrer les êtres avec leurs qualités et défauts et d’expliquer une situation historique qui les a façonnés jusqu’à l’abject et parfois jusqu’au meilleur.

Je ne révèlerai pas le dénouement, ni la fin. L’écriture est belle autant que délicate. Le bonheur reste en devenir.

Un roman dont il ne faut pas se priver.

Tout est possible ? À vous de jouer, par Philippe Croizon, en collaboration avec Emmanuelle Dall’Secco, éditions Arthaud

Il y a des ouvrages, des témoignages qui chantent la force, l’audace et la joie de vivre. Je connaissais l’histoire de Philippe Croizon. Je me suis trouvée dans sa région au cours d’une signature et il était mon voisin derrière et à côté les piles de livres à dédicacer. J’ai su aussi ses liens avec Théo Curin, originaire du Lunévillois et dont j’ai déjà parlé.

Tous deux sont quadri-amputés. Pas de bras, pas de jambes. Philippe depuis l’âge de 26 ans à la suite d’une électrocution dont la survie a été un miracle et Théo à la suite d’une horrible méningite.

Ce qu’évoque Philippe dans cet ouvrage de 13 chapitres, c’est qu’il faut oser, survivre pour revivre, se battre. La chance ne sourit pas qu’aux audacieux, il faut bien souvent aller la chercher.

Il évoque le bouleversement dans sa vie après ce drame. Quel père être ? Un couple peut se défaire… Comment aimer, séduire ? Quelle femme va oser se lier à lui. Il parle des râteaux qu’il s’est pris avant la rencontre avec Suzana… Grâce à elle, il a osé l’impossible, sauter en parachute, traverser la Manche à la nage, relier les cinq continents. Il donne des conférences et n’oublie pas de parler du Paris-Dakar auquel il a participé. Il fallait trouver les fonds. Il a osé, et sut forcer les portes.

Il ne se pose pas en modèle, il parle de ses failles, mais ces paroles font un bien fou. Que lui reste-t-il à accomplir ? Voir la terre du haut du ciel. Il a écrit à Elon Musk qui lui a répondu… Qui sait, qui sait.

Superbes paroles qui élèvent…

L’enfant du volcan, par Léo et Ghyslène Marin, éditions Albin Michel

C’est une histoire qui a longtemps été cachée. Pendant une vingtaine d’années, 1000 à 2000 enfants réunionnais ont été « arrachés » à leurs parents pour être envoyés en France. Michel Debré avait mis en avant, que c’était une chance pour ces familles noyées par la surnatalité. Les enfants allaient recevoir une éducation, reviendraient aux vacances et seraient les banquiers, les médecins, les ingénieurs, professeurs du futur. La France avait tout simplement besoin de mettre fin à l’exode rural, plus flagrant en Creuse qu’ailleurs.

Voici l’histoire de Mila, inspirée par l’histoire de Ghyslène Marin qu’elle a écrite avec son fils Léo. L’histoire est certes romancée et montre le village Saint-Avre avec ce lieu où sont accueillis ces enfants, et dont on dit qu’ils viennent se refaire une santé, mais elle interpelle.

Ces enfants pètent le feu, mais que ne dit-on pas d’eux ? Trop remuants, trop directs, un peu voleurs. Ils sont étranges avec leur teint basané, leurs yeux étirés, leurs cheveux si bouclés. Deux sœurs gèrent le lieu d’accueil. À la mort de l’une d’elles, Ernestine, la vieille épicière qui s’était attachée avec son mari Hector, le demeuré, à Mila qui a quitté Saint-Avre, espère son retour. C’est l’occasion de se souvenir.

Nous avons ces années avec cette enfant rebelle et attachante et la plongée dans le passé d’Ernestine qui voulait être professeure d’histoire-Géographie mais que les parents ont obligée à épouser Hector auquel elle a fini par s’attacher et qu’elle a défendu. Nous voyons les harpies des lieux, l’administration guindée qui s’oppose à l’adoption de Mila par ce couple aimant.

C’est une histoire bouleversante, une histoire de dignité et de respect. La France n’a pas à être fière des décisions prises en ces années. Comment peut-on avoir agi ainsi ?

Le meurtre du Docteur Vanloo, par Armel Job, éditions Robert Laffont

Tout se passe en Belgique, à Fontenal, en Ardenne belge. Lorsqu’Alice vient faire le ménage dans le presbytère occupé par le docteur Vanloo, elle découvre son corps lardé de coups de couteau. Qui ? Pourquoi en vouloir à ce médecin travaillant au Luxembourg ? À Fontenal, on le croit célibataire et on sait qu’il collectionne les aventures qui ne durent jamais longtemps.

Et voici que l’enquête permet la découverte d’une très jeune femme Candice, son épouse, qui semble n’éprouver aucun chagrin. Ses parents, son père surtout, prennent les funérailles en mains. Du grand n’importe quoi. On fait une sorte de show à l’américaine. Le commissaire Demaret prend l’affaire en mains. La substitute aussi.

On apprend que la dernière maîtresse de Vanloo venait d’être éconduite. Lynn, mère de 4 enfants, couple parfait avec Mathias le vétérinaire des lieux. Il se savait « encorné » mais voulait protéger Lynn.

Le couple Brasseur, la femme de ménage et le mari éleveur sont très intéressants dans ce drame. Mais que dire du père de Candice, complètement toqué ? De Candice et de Nicolas, le jeune amoureux ?

On ne peut pas lâcher cette lecture intrigante jusqu’à l’obsession.

Je l’ai déjà dit, Armel Job ne manque pas de talent pour décortiquer le pourquoi du comment des âmes. S’il utilise les ressorts du roman policier, suspense et enquête, il sait happer lectrices et lecteurs, les entraîner à s’interroger, vraies et fausses pistes, décors, lieux adaptés aux histoires qu’il déroule pour notre plus grand plaisir.

À lire impérativement !

Une vie heureuse, par Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri, éditions Grasset

Après « Retour à Birkenau », Marion Ruggieri, journaliste à Elle et elle-même romancière, elle avait prêté sa plume à Ginette Kolinka qui fut déportée avec son père, son jeune frère et plusieurs de ses soeurs–  voici « Une vie réussie » et le beau sourire de Ginette Kolinka, 98 ans, qui, inlassablement continue d’aller dans les écoles, collèges et lycées pour TÉMOIGNER.

Cette fois, Ginette Kolinka nous fait visiter l’appartement de la rue Jean-Pierre Timbaud (un résistant) à l’époque, c’était la rue d’Angoulême qu’elle occupait avec ses parents ses cinq sœurs et le jeune Gilbert. Elle l’habite toujours. Au retour de Birkenau, la tête rasée, atteinte par le typhus, elle n’a pas la patience de passer par le Lutetia, elle saute dans un bus et va retrouver les survivants de sa famille. L’appartement était devenu un bureau de collaborateurs qui s’employaient à trouver des emplois.

Elle décrit l’immeuble, l’appartement, les voisins, la concierge. À qui pouvait-on se fier quand on devait coudre l’étoile sur les vêtements ?

C’est à Avignon qu’ils ont été cueillis, mais ce qu’on découvre sous la plume délicate de Marion Ruggieri, c’est ce lieu, qui fut celui d’une vie heureuse et qui l’est resté. Elle relate les rats dans l’immeuble à l’époque, il fallait parler fort, taper dans les mains pour les faire fuir. Ils ont aujourd’hui été chassés, restent quelques souris…

Elle revient sur ses rencontres avec les élèves et sa façon de les interpeller. Il ne faut jamais oublier. Elle pose souvent cette question en collège : « Qui n’a pas 15 ans ? Une majorité de doigts se lèvent. Eh bien, dit Ginette, vous êtes tous morts, car c’était ainsi que procédaient les nazis.

Mais sa fierté dans cet appartement chargé de souvenirs, ce sont les disques d’or de son fils Richard Kolinka, devenu batteur du groupe Téléphone. Elle l’aurait vu postier. Ça pose… Ou coiffeur, il a essayé. Pas longtemps. Lui, c’était la musique. Est-cela avoir un destin ? Au camp de Birkenau, elle a rencontré Simone Veil qui lui a donné une robe qui la faisait paraître plus âgée. La robe l’a sauvée.

Ginette aime la vie, sa vie qu’elle estime heureuse, car elle a toujours su se contenter de ce qu’elle avait. Elle n’a pas eu son magasin de vêtements. Elle a vendu sur les marchés avec Albert son grand amour… Elle a aimé danser. 

À la lire, à l’entendre, on prend une belle leçon de vie.

Bravo !

Vers la flamme, par David Hennebelle,éditions Arléa, collection 1er mille

On pourrait croire que David Hennebelle était au courant (mais il doit savoir) de l’engagement de Jérémine Pasteur pour la défense de l’Amazonie lieu des Yanomami qu’elle a côtoyés pendant plus de vingt ans. Pour son roman « Vers la Flamme » il confie à la fin de son ouvrage avoir été interpellé par l’œuvre photographique de Claudia Andujar et par l’expédition Orénoque-Amazone d’Alain Gheerbrant. Et cela donne l’histoire de Paliki, photographe brésilienne qui décide en 1962, au cours d’une première expédition en forêt amazonienne de rapporter des photos des Yanomami.

Cette expédition changera pour toujours sa vie. Les Yanomami sont des êtres très doux qui vivent en groupe et en parfaite osmose avec la nature. Paliki les observe. Mais la première rencontre est difficile. Ils comprennent mal que l’on saisisse leur image. C’est un peu voler leur esprit.

Elle retourne auprès d’eux. Ne veut surtout pas les blesser. Un missionnaire américain fait si peu de cas d’eux. Il méprise leur mode de vie. Les chercheurs d’or tout autant. Surviennent les épidémies, les maladies apportées par les Blancs dont la terrible rougeole qui les décime. Elle choisit de les soigner et de rester avec eux et très symboliquement de remonter à la source des fleuves dont l’Orénoque. Là, est l’essentiel, cette flamme que rien ne peut éteindre, car la vie est insaisissable dans la lueur d’une flamme.

L’écriture de ce court roman est très belle, maîtrisée. Elle dit l’indispensable respect que l’on doit à des modes de vie différents des nôtres. Elle dit la beauté et la grandeur de ces peuplades qui ne demandent rien à personne et qui savent offrir et accueillir d’un AWE auquel nous n’avons pas accès, par ignorance et sottise la plupart du temps.

Disco Queen, par Stéphanie Janicot, éditions Albin Michel

Voici Soizik à l’hôpital qui se remet d’un infarctus. Mais ce professeur d’histoire-géographie, mère de deux filles, divorcée, déjà grand-mère, apprend qu’elle est sans doute atteinte d’un cancer. Pas une minute à perdre, il est temps de vivre les rêves qu’elle n’a pas osé. Pour ce faire, elle écrit un roman où elle se met en scène. Elle rêve de donner du punch là où elle vit en Ille-et-Vilaine. Elle va créer une boîte de nuit disco. Il y aura une reine, une Disco Queen et elle projette même de faire appel à John Travolta qui sera le président de l’élection de la Disco Queen locale.

Ses filles lisent ce roman. L’une est ravie, et va tout faire pour donner corps au rêve de Soizic. L’autre, un peu moins. Mais après quelques bonnes discussions et la rencontre avec le maire et les copines, on finit par s’accorder. Un plus de vie et de peps dans la localité ne fera de mal à personne. Il y a assez de petits cons qui font des rodéos sur des engins où le pot d’échappement a été scié, (je cite Stéphanie Janicot).

L’auteure a parfaitement maîtrisé son sujet. Sous des aspects romans faciles qui finit bien, les relations mère fille sont bien analysées et sonnent juste. Une question importante est abordée : qu’est-ce qu’une vie réussie si on n’a pas laissé la place à la fantaisie et au rêve ?

Une autre aussi surgit : il n’est jamais trop tard pour oser, danser. Soizic a parfaitement le droit de s’éveiller à la légèreté. Dans l’histoire, une vague de Covid est passée. Osons, osons, espérons Travolta. 

Chaque titre de chapitre est une chanson de l’époque disco. Ringard ? Que non ! Voulez-vous danser jusqu’au bout de la nuit ?

Incendie blanc, par Antoine Catel, éditions Calmann-Lévy

Ce premier roman d’Antoine Catel ne peut laisser indifférent. Le livre refermé continue de hanter lectrices et lecteurs, par le sujet évoqué et par celle d’une écriture, telles des frappes, comme des coups de canif qui déchirent et labourent les chemins de vie et d’amour que la drogue a ravagés. 

Ce roman est une lettre, celle d’un grand frère qui écrit à une petite sœur disparue trop tôt. Le grand frère tente de comprendre d’où est venu ce drame, les motivations. Il ausculte la vie d’une gamine qu’on avait surnommée la vieille au fin fond de la brousse africaine à cause de son étrange regard.

C’est une jeune fille brillante qui réussit tout, brille. Les chemins de la médecine sont ceux qu’elle emprunte. Elle apprend. Les concours sont presque trop faciles pour elle. Alors, comment expliquer les démons qui l’assaillent et qu’elle ne peut terrasser ? 

À Paris, la petite sœur semble trouver un certain équilibre. Elle est bien au milieu de la fête. Qui sait que pour ce « bien-être », elle doit s’adonner à la cocaïne, l’illusion qui masque et révèle le désastre. 

L’auteur ne juge pas, mais son écriture est une approche pour tenter de comprendre le pourquoi du comment. Il parle des autres membres de la famille. La mère avait aussi des problèmes d’addiction, pas avec la cocaïne, mais avec l’alcool. Ceci peut-il expliquer cela ?

De cures de désintoxications en petites guérisons et jusqu’aux rechutes, l’auteur décrypte une situation douloureuse et pointe l’impuissance et la culpabilité de ceux qui restent. 

Tant de pourquoi n’auront jamais hélas de réponse. Reste le chagrin, dont cette lettre, ce cri d’amour, telle une bouteille à la mer qu’il faut recueillir avec majesté.

Les Chemins d’exil et de lumière, par Céline Lapertot, éditions Viviane Hamy

Karelle, congolaise, enfant de la République française, lauréate d’un concours d’éloquence, enjouée, qui se définit telle une forte en gueule –elle a du caractère– lance « que mon courage soit mon talent ». Jolie formule qui dit tout et eût pu être le titre de ce roman de Céline Lapertot, inspirée d’une vraie rencontre. Née à Lunéville, l’auteure est professeure de français à Strasbourg.

Karelle a pour père un Ougandais et pour mère Gisèle, une Congolaise. La fillette a huit ans quand éclate la guerre à Kinshasa. Il faut fuir et trouver une terre pacifiée. Ce sera la France.

Karelle raconte ce temps d’hier pas si lointain. Elle ne comprenait ce qui arrivait, les effets mis à la hâte dans une valise, le chemin vers l’aéroport. Il fallait obéir, prendre la main de sa mère et partir. Aucune explication ne fut donnée.

L’auteure raconte l’errance de cette mère et de sa fille, les lieux insalubres, les marchands de sommeil que la honte n’étouffe pas.

Ce qui frappe, dans ce beau et bouleversant roman, c’est la dignité dont font preuve cette mère et cette très jeune fille. La chance de Karelle sera l’école. Il faut être au plus près de l’excellence pour conquérir, s’affirmer, être reconnue. La langue, les mots seront ce Chemin de beauté et de réussite. 

La littérature ouvre bien des portes à Karelle. Rien n’est aisé, mais elle ose, se bat, fait front, quand bien même les chemins du cœur sont loin d’être aisés. Restent le théâtre, ce qui s’y joue, les pièces que l’on s’approprie et qui font naître et renaître. Karelle a une force inouïe qui l’irrigue et sera la première femme noire à jouer Phèdre à la Comédie Française.

Un roman audacieux qui brosse avec un talent fou une page d’histoire d’aujourd’hui, sur l’accueil, la place faite à la différence qui enrichit et fait grandir. Une peinture sociale éblouissante, lumineuse.

Céline Lapertot a connu une Karelle… Qu’elle parle d’elle, ou d’autres pour justement trouver cette part de lumière dans ses écrits, elle a les mots justes au bout de sa plume. Ceux qui savent déchirer nos nuits obscures.

Bravo !