

Le nouveau roman d’Annie Degroote se déroule en Flandres, aux Pays-Bas espagnols en 1563. Il n’y a qu’elle pour s’engouffrer dans cette belle région dont les lumières sombres ajoutent au mystère. Annie est une fille de Flandres.
Ce qu’elle nous conte avec talent, c’est l’histoire de Loup Daredeville, mais pas seulement.
Lui est un étudiant d’Armentières, si proche des gens simples et qui, intelligence oblige, va entrer dans le cercle des grands d’Espagne après un service rendu. Il a porté secours à l’épouse du comte d’Egmont.
L’auteure n’oublie pas les troubles de l’époque. Les guerres de religions, l’Inquisition sévissent. Et dans ces terres que nimbent pauvreté et injustice, les prêches des calvinistes séduisent. La foi catholique de Loup résistera-t-elle ?
Loup perçoit les dérives de ce qui lui a été enseigné… Où est la vérité ? Comment ne pas se trahir et continuer à être au clair avec soi-même ?
On perçoit le travail de l’auteure solidement documentée et qui veut restituer la peinture d’une époque que justement Bruegel a immortalisée dans ses œuvres. On voit Loup se rendre chez l’artiste dont la maison était nommée « Maison de la porte rouge ». Il découvre l’épouse du peintre, Mayken en train de donner le sein à un enfant tandis que sa mère sur une chaise haute travaillait à une miniature. C’est le regard d’une cinéaste. La caméra va et vient dans l’histoire narrée pour notre grand plaisir. Je n’oublie pas qu’Annie Degroote est aussi comédienne, parfois metteure en scène, même si aujourd’hui, son talent est centré sur l’écriture. Une autre mise en scène…
Je ne puis tout raconter… L’auteure offre un roman historique de cinq cents pages. Mais sachez mesdames et mesdemoiselles, que la chérie de Loup s’adresse à lui en lui écrivant : « Mon preux amour ». Pas mal, n’est-ce pas ?
Le temps, les siècles défilent sans rien changer ou presque aux sentiments.
Un ouvrage qui parle à tous, que nous soyons gueux ou nobles. Nous venons de là. Il ne faut pas oublier notre histoire, surtout quand elle nous est offerte par une si belle plume.
À lire !

















