

Quand Lewis Carroll écrit Alice au pays des merveilles, il ne s’adresse pas aux enfants. Il est, plus ou moins, irrité par la société dans laquelle il vit. Lui, le mathématicien aux prises avec les mathématiques modernes veut démontrer l’absurdité de la société qui attend la jeunesse.
Depuis, son ouvrage ‑et il faut le comprendre, ça n’a pas changé‑ est devenu une référence.
Pourquoi la petite fille grandit ou rétrécit –selon sa compréhension du monde et de l’organisation de celui-ci ? Il y a quelques personnages savoureux. La mère Lapine, l’horrible Duchesse, etc, etc…
Patricia Reznikov, l’auteure franco-américaine, a eu l’idée de revisiter cette grande histoire du comment et du pourquoi de nos vies et surtout de l’adapter à aujourd’hui, à travers des nouvelles vécues par son héroïne Alicia. C’est toujours aussi difficile de naître fille, de grandir dans un monde organisé par les hommes. Ce roman d’Alicia commence fort avec un affreux jojo dans le métro qui se masturbe devant la fillette qui fuit, qui fuit… Alice est dans le puits… Il y a d’autres nouvelles, quelquefois drôles et pétillantes et qui nous interpellent, comme celle décrivant Alicia allongée sur son lit face au miroir. Quelle promesse peut-il lui faire ? Il faudrait déjà comprendre le peuple des hommes, qui sont parfois de merveilleux amants tout en faisant preuve de cruauté…
Les mêmes choses s’observent dans les tribunaux et ceux qui jugent peuvent avoir revêtu quelques masques et déguisements et parfois ressembler à des animaux (pas gentils pour eux) …
Le ton du recueil est moderne et ponctué de chansons qui ravivent quelques souvenirs : où sont les femmes ? Comme un garçon, j’ai les cheveux longs…
On peut lire, dans l’ordre, dans le désordre aussi pour suivre l’héroïne. On grandit avec elle, on peut aussi rapetisser… C’est selon. Parfois, drôle… En tout cas, une invitation à voir autrement. Un regard sans concession sur la place des femmes. N’en déplaise aux messieurs !















