

Voici l’histoire de Victor qui vit seul avec son père ouvrier, taciturne un rien alcoolo. La mère est partie et fait parfois quelques réapparitions avant de reprendre la poudre d’escampette. Elle a peu à voir avec la maternité. Mais il se trouve que Victor va subir deux chocs, la vue d’un sportif qui s’entraîne et un document d’un autre sportif. Il se dit que c’est cela qu’il veut faire. Son père l’inscrit à un club et le voici parti, il court saute, haut, très haut. Un entraîneur le repère. Il perçoit le diamant brut à polir. Victor en est ravi. Il va aller de médailles en médailles… Et s’il tentait les J.O….
Mais toute médaille a hélas son revers. Qui sait les sacrifices consentis pour être un grand champion ? L’entraîneur ne voit que la performance et se soucie bien peu de la personne qui l’exécute. Portrait sans concession d’un maître-penseur qui ne pense qu’à la vitrine et que les jeunes sportifs affublent de noms qui en disent long sur le personnage qui peut être le Papa, Jésus ou quand tout va trop mal et que le bourreau se révèle : le Cinglé.
Heureusement pour Victor, il y a toute de même une rencontre avec Calypso, belle comme le jour et la nuit à la fois…
Un roman qui montre bien sûr les liens père-fils, le monde du sport, l’envers du décor. Jusqu’où conduit le désir de s’élever et de vaincre ? Ce à quoi il faut si souvent (trop) renoncer. Un sportif de haut-niveau se prépare dès l’enfance et l’adolescence. Autant d’étapes niées par les entraîneurs qui oublient que les sportifs ne sont pas que des machines à gagner, à récolter des médailles faisant jouer les hymnes nationaux. Ils sont des humains.
L’auteur aborde ces domaines avec une rare intelligence, une plume alerte. Une lecture poignante, bouleversante.
















