Je défie quiconque ayant lu le roman de Blandine Rinkel de l’oublier. L’auteure nous entraîne dans une relation père-fille qui oscille entre la haine et l’amour, la fascination jusqu’à l’épouvante et le rejet. 

Gérard, ce père qui charme tout le monde, tel un magicien, use d’étranges pouvoirs auxquels une petite fille de six ans, au début de ce roman, tente de résister. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette… Il faut résister, serrer les dents, l’enfant sait que ce ne sera pas une tapette. Regard dans le regard, on se jauge… Qui sera vainqueur ?

Avant que ne commence le roman, dans une sorte de prologue, l’auteure évoque les loups qui avaient disparu, loups qu’on avait piégés, brûlés vifs… et les voici de retour… Le jour où un loup est reconnu, hante une forêt et annonce son retour, c’est le jour de la naissance de Gérard… ce père baby-boomer qui fera trembler Lou…

Mais qui est cet homme que décrit l’auteure ? Quelles furent ses blessures, ses traumatismes ? Elle cherche à comprendre l’histoire générationnelle qui porte ombres et secrets ? Ce que l’auteure évoque avec finesse de cette histoire étrange parfois glacée et glaçante, et qui nous fait, lectrices et lecteurs marcher sur le fil, c’est l’ambivalence des sentiments de Lou qui aime ce père, lui voue une admiration totale, au-delà de ce qui peut être le raisonnable. S’il ne lui a pas légué la douceur, la confiance et la foi, elle considère, tel un héritage, ce qu’elle a reçu de lui : l’absence, la joie et la violence

Ce père se comporte tel un ogre qui veut sa fille uniquement pour lui. Elle ne doit aimer que lui. Il faut du temps à la jeune fille pour voir cet homme, qui n’en est pas une ambiguïté près, dans sa vérité. Chez lui, tout est théâtre, histoires extraordinaires jusqu’au mensonge, car il est l’homme fort. Il réussit tout. Personne ne le fera tomber.

On peut s’interroger, que devient une petite fille avec un tel modèle ?

Le roman est écrit au Je, c’est d’autant percutant que l’écriture est très belle… Elle happe et emporte. L’auteure qui est musicienne et parolière a bien du talent. 

Bravo !

2 commentaires sur « Vers la violence, par Blandine Rinkel, éditions Fayard »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s