Corps flottants, par Jane Sautière, éditions Verticales

Je me demandais où l’auteure voulait nous entraîner avec ces corps flottants. Elle nous parle de ces minuscules débris qui se déplacent dans le vitré et projettent d’étranges formes sur la rétine. Elle fait le rapprochement comparant cette « vision » à un cosmos où ces corps se déplacent. Que signifient-ils ? Qui sont-ils ? Que véhiculent-ils ? Sont-ils une mémoire de traumatismes ou de jours heureux ?

Jane Sautière a passé une grande partie de son adolescence au Cambodge, un pays au passé douloureux. Comment ne pas faire référence au cinéaste, Rithy Panh que j’avais dans le passé interviewé ou au très beau roman de Guillaume Sire : Avant la longue flamme rouge ?

Le roman de Jane nous émeut. Nous ne sommes pas loin des lieux de Marguerite Duras. On aime l’idée de la mémoire du cœur et de celle des yeux. Les visions fixées par l’œil qui s’endorment et resurgissent, pas tout à fait éteintes, ni plus tout à fait présentes. L’auteure remonte aux origines, à sa mère, à sa grand-mère. Un mariage consenti et approuvé sur un lit de mort. Mais qu’est-ce que la mort ? 

C’est bien là le romanesque de la vie, le romanesque de la vie de la mère de l’auteure qui lisait si peu, sauf Guy des Cars (Le château de la Juive) et écoutait Pia « Je ne regrette rien ». Pourtant, un jour, dans un silence religieux, assise près de la bibliothèque, la romancière trouva sa mère en train de lire Marguerite Duras d’une traite.

On ne peut résumer cet ouvrage, sauf dire : il est à lire et donner un petit conseil à celles et ceux qui voient dans leur vitré ces corps flottants. Ne fermez pas les yeux, au contraire, ouvrez-les, suivez ces corps flottants traces du passé pour oser regarder le présent et esquisser le pas de danse vers l’avenir.

Un singe à ma fenêtre, par Olivia Rosenthal, éditions Verticales

Des attentats au gaz sarin ont eu lieu à Tokyo en 1995. 25 ans plus tard une enquête se déroule grâce à une chercheuse qui part au Japon. Après ce nombre d’années, elle veut savoir si qui se souvient de ces faits…

Est-ce que l’oubli laisse des traces et si oui, lesquelles ? On pourrait imaginer qu’elle recherche des coupables, mais non. Ce qui l’intéresse c’est la mémoire des uns et des autres, la mémoire traumatique que ces événements ont provoqués. Elle va de rencontre en rencontre et se perd un peu, mais ce faisant, elle brise les barrières et les tabous entre mémoire collective et mémoire individuelle… Se pose alors une question essentielle sur le pays. Que cache-t-il ? Qu’est-ce que l’oubli ? Est-il un mensonge de plus dans une histoire collective qui, bien évidemment, comporte bien des failles ?

Ce roman, étrange et séduisant à la fois, est une sorte d’apprentissage… Un choix est donné à tout un chacun : que convient-il d’abandonner ? Quelle différence avec le lâcher-prise ? Quel prix donner à la vie ? Par quoi doit-elle passer ? Par la beauté ? La sublimation ? 

Si l’enquêteuse est partie presque sûre d’elle, elle doit convenir, grâce à une rencontre, celle de Yasuyo que ce gaz sarin n’a été qu’un révélateur, comme l’eau sur une plante qui lui a permis de grandir. Et il se confie : il se sentait comme dans une carapace et le gaz a tout fissuré. Il a pu en sortir et se voir tel qu’il était avec ses failles et petitesses. Il préfère en rire. La blessure du gaz n’est rien. Il était une autre blessure bien plus ancienne. 

Des pages belles et fortes. Une fenêtre par où regarder et à ne surtout pas refermer.

Être présent pour ses parents, par le Dr Hélène Rossinot, éditions de L’Observatoire

Hélène Rossinot, médecin spécialiste de santé publique et de médecine sociale qui avait déjà signé un ouvrage remarqué et remarquable avec Aidants ces invisibles en 2019 (couronné par l’Académie de médecine) poursuit sa réflexion avec Être présent pour ses parents, quand se profile le grand âge et les maux qui réduisent leur autonomie.

Son ouvrage très fouillé et très complet s’adresse à tous. Nous serons tous confrontés au vieillissement de nos proches. Elle passe en revue les maladies dues au vieillissement, les chutes pouvant intervenir pour diverses raisons, les activités qui peu à peu pour des raisons de sécurité peuvent être abandonnées (conduite automobile) et comment organiser cette nouvelle vie, pour les parents et celles et ceux qui accompagnent ? Quelle solution ?

Mais surtout, ce que fait Hélène Rossinot, c’est qu’elle ne prescrit pas une unique solution. Elle met en avant le dialogue, la qualité de l’écoute, qui demande du temps. Il faut se préparer, se concerter et, quelle que soit la solution envisagée, elle ne culpabilise personne. Il n’y a pas de schéma type. 

Pour rédiger cet ouvrage, Hélène s’appuie sur les rencontres effectuées. Ce faisant, elle nous livre une enquête fouillée. Elle a scruté au plus près les situations. Elle a lu et donne ses références. Elle reste pragmatique et use d’une grande humanité.

J’aime le sous-titre de l’ouvrage, « Ta main dans la mienne vaut plus que tous les mots du monde ». Alors les regards peuvent se croiser et un juste équilibre peut être trouvé. Grâce à ces pages d’une grande intelligence, les chemins du cœur fleurissent. D’amour bien évidemment. 

Petite soeur, par Marie Nimier, Éditions Gallimard

Mika, est le cadet de sa sœur Alice. Or, il l’a toujours appelée Lilou, ma petite sœur. Alice aimait quand il lui disait : T’es où petite sœur ? Comme les paroles d’une chanson, la leur. Elle n’a jamais oublié… 

Mika n’est plus. Mais Alice n’a pas pu aller au crématorium quand il est mort. En fait, pour elle, il n’était plus depuis sept ans déjà… Une dispute ? Pourquoi tout s’était-il achevé au restaurant ? 

Encouragé par Georgia, sa grand-mère, Alice décide d’aller respirer un autre air. Grâce à une petite annonce, elle va; pendant un peu plus de neuf semaines, garder l’appartement de Gabriel Tournon, qu’elle ne connaît pas. Il doit se rendre en Inde. Elle devra aussi veiller sur  Virgile, un chat qui se cache. 

Et elle va écrire sur cette enfance, parler de Mika. Ce n’est pas Mika adulte qui lui manque, c’est le Mika de son enfance. Mais qui fut-il vraiment ? Ils avaient treize mois de différence, leur mère les habillait de la même façon et on les admirait. De ravissants enfants !

Ce temps, dans un lieu autre, va permettre à Alice de faire son deuil, de réexaminer son enfance, de mettre des mots sur la relation devenue toxique au fil du temps. Et les larmes, jusque-là absentes, pourront couler. Il y aura une belle rencontre avec Tiago, un artiste adepte du « running-crabouillages… ».

Alice est touchante, émouvante et l’on sait à la fin de l’ouvrage le point de la brisure entre ce frère et cette sœur. Le pourquoi de la séparation. Georgia est une merveilleuse grand-mère qui guide la main de la jeune femme pour que viennent les mots pour dire l’indicible. La renaissance est à ce prix.

Une fois de plus, on lit Marie Nimier avec intérêt et sans déception. Elle a l’art de trouver les formules, de les poser sur le papier, d’ausculter les âmes et d’écrire avec un immense tact et infiniment de délicatesse. C’est ce qui s’appelle le talent.

La ligne de nage, par Julie Otsuka, traduit de l’anglais (États-Unis) par Catherine Chichereau, éditions Gallimard

Qui dira le plaisir de nager, de faire corps avec l’eau de la piscine ? Alice a son couloir et elle raconte au NOUS le bonheur d’être en ces lieux où l’on vient pour la forme, pour oublier les tracas du haut, sur terre. La piscine où elle allonge les longueurs est profonde sous terre. C’est en bas. En bas, les soucis n’existent pas.

Pourquoi faut-il qu’un jour Alice aperçoive au fond de la piscine une fissure ? Minime, il est vrai, mais qui devient obsédante. Ce qui est ennuyeux, c’est que cette fissure, qui laisse présager la venue d’autres, risque de voir la piscine être fermée. Opération de maintenance oblige… Et soudain la fissure de la piscine devient celle d’Alice, dans sa tête. Il y a des oublis. 

Pendant un temps, sa fille va pouvoir suppléer les défaillances. Et l’on découvre la vie d’Alice avant. Qui a-t-elle aimé ? Quelles furent ses joies, ses chagrins, notamment avec la perte d’un enfant, sans oublier la guerre ? Comment oublier l’internement dans un camp nippo-américain ? Des blessures qui n’existaient pas quand elle nageait en bas. Dans l’eau, aucun mouvement n’était oublié. Elle fendait l’eau, glissait.

Ce que l’auteure réussit parfaitement dans ce roman (aux accents autobiographiques ?) c’est de montrer la survenue de la maladie, la perte de la mémoire, une fissure grave dans la vie. Fissure dans la mémoire qui n’existe pas chez Alice dans l’eau de la piscine. La piscine c’est un peu ce ventre maternel où tout a commencé. 

L’auteure nous livre un récit bouleversant, intime et poignant empreint de poésie. La fin lève le voile sur ce qui n’a pas été dit dans une vérité surprenante, presque brute.

On peut que rappeler que l’auteure est américaine d’origine japonaise et que son roman Certaines n’avaient jamais vu la mer, fut couronné du prix Femina en 2012. Il paraît en Folio, en même temps que La ligne de nage.

L’auteure est invitée du Festival America (Vincennes) du 23 au 25 septembre 2022

Coupe rase, de Georges-Patrick Gleize, éditions Calmann-Lévy

Tout commence par une randonnée d’un groupe de seniors en forêt en Corrèze. Le sympathique groupe ne s’attendait pas à trouver sous un amoncellement de feuilles, un pied, puis un corps. Il faut prévenir les forces de police… L’homme trouvé mort est très vite identifié. Il s’agit de Mathieu Champeix, un militant écologiste, connu. Sa mort ne fait aucun doute, il a été assassiné. 

Qui dérangeait-il dans ce bois de Mauriac-le-Vieux ? Il s’intéressait à des coupes sauvages d’arbres séculaires effectuées au détriment de petits propriétaires forestiers.

La gendarmerie locale piétine, ou ne veut pas contrer les habitants plutôt mutiques. Si on sait quelque chose, on se tait. Cela ne regarde qu’eux. 

Comme l’écologie est à la mode, un grand journal parisien envoie une journaliste, Valérie Lafarge. Elle se retrouve dans un lieu connu. Ses grands-parents vivaient dans le village où elle a pris pension. Pense-t-elle ainsi percer certains secrets ? Les habitants sont méfiants. Valérie loge chez Monique Belcour qui, de temps à autre, donne quelques explications. Mais de toute évidence, la présence de Valérie dérange…  Pourquoi doit-elle se méfier d’une certaine mobylette ? Est-elle visée, parce que trop fouineuse ?

L’ouvrage montre bien la ruralité, l’esprit taiseux des habitants, la beauté des forêts peinte par une belle écriture. L’auteur installe bien l’ambiance et une certaine angoisse autour de Valérie qui se met en danger.

Un roman actuel puisqu’on parle écologie, gestion des forêts… Mais rien n’arrête la journaliste, quand bien même elle se met en danger. Elle estime que la loi du silence n’a que trop duré. La haute Corrèze ne doit pas être la Corse… Or, les hommes avec un grand H, n’aiment guère quand on vient se mêler de leurs affaires. Qu’est-ce qui pourra sauver Valérie ? L’amour ? 

La Petite, par Sarah Perret, préface de Pierre Vavasseur, éditions Presses de la Cité

Depuis la mort de Jean Anglade, sa fille et les éditions Presses de la Cité ont créé le prix Jean Anglade du premier roman.

Cette année, il est attribué à Sarah Perret, née en Savoie et qui enseigne à Pézenas. La Petite, ce premier roman, l’auteure confie en avoir eu l’idée et avoir lancé son premier jet sur le papier quand elle avait seize ans.

Elle nous conte l’histoire de deux orphelins recueillis par leurs grands-parents dans la vieille maison de famille en Savoie. Si les enfants font bloc avec les cousins autour de la table familiale et partagent les jeux (quelquefois cruels) au cœur des étés, La Petite, à la fois délicate, fragile semble voir au-delà…

Ses grands-parents, Euphroisine et Jules, veillent sur tous. Il ne faut pas oublier la gardienne des lieux Adèle, l’ancêtre qui bientôt ne quittera plus son lit, et dont le dernier plaisir sera d’être lavée, coiffée, presque bercée par ses enfants.

L’auteure se place presque à la hauteur de La Petite qui se cogne à tous, pressent ce qui est caché dans cette famille. Des secrets douloureux aussi puissants et tranchants qu’un couteau. Les adultes ne disent rien, sont rugueux comme le paysage les entourant. Les enfants s’inventent un univers que souvent les tempêtes déchirent… Par-dessus les vents, les secrets trop enfouis ont envie d’être révélés. La poupée Édith de La Petite sait-elle tout cela, elle qui en perdra la vie ?

Un jour, les enfants découvrent une boîte avec des lettres, des photos, une sorte de journal intime… La boîte à secrets enfin exhumée, qui pourrait faire du bien, mais qui sans explication, fait du mal car rien n’a été expliqué…

L’auteure offre une peinture unique d’une Savoie où le progrès en ce vingtième siècle n’a pas eu le temps de s’infiltrer. Sont-ce le poids des secrets recouvrant des drames familiaux qui en sont la cause ? La rivière sait, et l’eau pure qu’elle véhicule pourrait bien avoir le mot de la fin et laver bien des outrages.

Une belle écriture saluée par Pierre Vavasseur dans sa préface.

Les deux morts de Charity Quinn, par Katerina Autet, éditions Robert Laffont, collection La Bête Noire

J’ai failli ne jamais parler de ce roman qui a dû traîner dans un sac postal dans un recoin d’un bureau ou au fond d’une voiture postale… Allez savoir !  Envoyé en juin depuis Paris, il a échoué dans ma boîte début septembre. Pas mal…

Ce polar, le deuxième écrit par Katerina Autet, nous emporte à New York dans un quartier huppé où vit Charity Quinn, avocate, la cinquantaine, richissime, connue. Sa spécialité défendre les voyous en col blanc rien qu’en semant le doute. Elle a deux filles, mais n’a jamais eu de mari. Alors qu’elle ne s’y attendait plus, l’amour frappe à sa porte. Un richissime bel homme Thimotee, féru de Shakespeare, comme elle, et qui veut être son époux. Le mariage (grandiose va avoir lieu). Mais pas de pot, le miroir au-dessus du lit de Charity se décroche et la défigure…

Accident ou tentative de meurtre ? Elle ne s’était pas fait que des amis dans le milieu judiciaire et aux yeux du grand public. Lettres de menaces, petit cercueil arrivaient au domicile.

Ce roman montre New York, les quartiers huppés et les quartiers plus pauvres. Les policiers chargés de l’enquête sont des débutants. Ethan venu des quartiers populaires et Helena. L’auteure décrit l’ambiance de travail des policiers. Ceux déjà rodés qui jouent peu aux caïds face aux débutants. L’intrigue plonge lectrices et lecteurs dans les coulisses familiales, où bien des rancœurs, sont mises au jour.

L’intrigue est bien menée, racontée par Ethan au Je et les chapitres alternent avec le journal intime de Charity qui n’est pas morte dans l’accident ou la tentative de meurtre, mais préfère garder le silence. Qui veut-elle protéger ?

Impossible d’en dire davantage ! Katerina Autet ne manque pas de talent, elle sait nous tenir en haleine, nous égarer sur de fausses pistes et la vérité surprend, comme il se doit. On ne lâche pas cet ouvrage, et bien sûr, on attend le prochain.

Le Trésor d’Épinal, Imagerie populaire, par Christelle Rochette et Jennifer Heim, Hors-série découvertes, Éditions Gallimard

Christelle Rochette, conservatrice du musée de l’Image, et Jennifer Heim, chargée des collections au musée de l’Image nous offrent ce délicieux ouvrage présentant ce fabuleux trésor d’Épinal, à savoir cette Cité de l’Image qui s’élève à deux pas des lieux de l’Imagerie populaire fondée par la famille Pellerin au dix-neuvième siècle à Épinal dans les Vosges.

Nous connaissons tous l’expression images d’Épinal qu’on associe à quelques devinettes, petites histoires moralisantes, comment se laver, pourquoi, etc. Mais l’Imagerie populaire spinalienne, c’est bien plus que cela. Si elle fait œuvre d’éducation, raconte l’histoire, par exemple celle de Napoléon, elle instruit, souvent de façon ludique. Elle évoque les trésors historiques, non seulement des Vosges, mais de la France. Elle montre l’Opéra à Paris, comment construire un abat-jour. Les petites-filles apprennent à habiller les poupées (du coup elles aussi). Sait-on ce qu’est une église du point de vue architecture ? Connaît-on certaines œuvres d’art qu’on peut encadrer. Ainsi on peut décorer les intérieurs ? Une culture diffusée par les colporteurs (appelés chamagnons dans les Vosges) qui allaient de village en village et en profitaient pour donner les nouvelles ici et là. 

Cet ouvrage montre aussi les techniques de reproduction des estampes, d’abord par des images gravées dans le bois, puis sur la pierre calcaire. La lithographie bat alors son plein.

Le livre s’ouvre, se déplie, se replie et surprend lectrices et lecteurs qui (re)découvrent en s’amusant, et surtout, donne l’envie de se rendre à Épinal où coule la Moselle à deux pas.

L’ouvrage mérite son titre, Le trésor d’Épinal… À ne pas le laisser enfoui. 

La malédiction de la Madone, par Philippe Vilain, éditions Robert Laffont

Auteur de nombreux romans connus et reconnus, couronnés de prix ou adaptés au cinéma, Philippe Vilain dirige une collection française contemporaine aux éditions Gremese à Rome.

On comprend aisément ce qu’il nous offre en cette rentrée littéraire, le roman vrai de la Vendetta d’une jeune Napolitaine au cœur de la Camorra, dans les années 1950.

L’histoire est inspirée d’un fait vrai. Voici Assunta Maresca, dite Puppetta (petite poupée) qui grandit à Naples. Son père est pâtissier, mais c’est aussi un mafioso. La jeune fille ne craint rien, sauf qu’on la marie de force, qu’elle n’ait pas son mot à dire. Sa mère ne la soutiendra pas. On obéit. C’est tout.

L’auteur montre bien la ville de Naples aux mains des gangs, pétris par l’honneur, (ou pas) il y a des règles avec lesquelles, on ne transige pas. On a le respect, y compris de la religion. Les affaires ne se règlent pas devant les tribunaux, ni grâce au zèle de la police parfois contaminée… Les mafieux sont armés et savent user de leurs armes.

Pupetta participe à un concours de beauté à l’âge de dix-neuf ans et tout change pour elle avec la rencontre de Pasquale Simonetti, un grand chef de la Camorra. Pupetta lui plaît et l’attrait éprouvé par le boss pour cette jeune audacieuse est réciproque. Enceinte de trois mois, les épousailles ont lieu, presque grandioses. Le bonheur est total pour Pupetta. Il sera hélas de courte durée. Quatre-vingts jours…

Pupetta sait ce qu’elle doit faire. L’heure de la Vendetta a sonné. Elle sera à la hauteur. La Madone Vengeresse, ce sera elle. Question d’honneur. Une héroïne passionnée qui ne craindra personne. Tremble belle Naples aux prises avec le vice ! Pupetta sera ta pasionaria et fera preuve d’un courage à la hauteur de l’amour assassiné. 

Un roman qu’on ne lâche pas et qu’on lit d’une seule traite. Ce fut mon cas.