C’est l’histoire de deux sœurs qui ont passé leur enfance en RDA.

Theresa s’exprime par la peinture, le dessin. Charlotte, son autre sœur, plus âgée, travaille dans l’administration. Au moment où démarre l’histoire à Berlin, leur mère Elisabeth vit dans un institut pour personnes dépendantes. 

Une vie normale, ou presque, jusque-là sans histoire… On découvre Johannes, leur père, qui a connu une enfance difficile avec une mère dépressive et a en quelque sorte été recueilli par Kolia, très impliqué dans la Stasi à Berlin-Est. Kolia l’a modelé afin qu’il serve l’Est avec zèle. La famille n’a jamais manqué de rien. Mais, n’a-t-il pas oublié sa belle histoire avec Elisabeth ?

Quand Theresa reçoit une lettre étrange d’un notaire lui annonçant le décès de sa sœur Marlene qui fait d’elle avec un certain Tom, l’héritière d’une belle maison à Rostock, c’est un bouleversement pour Theresa, comme pour Charlotte. Leur sœur, Marlene vient de mourir. Chose impossible puisqu’elle est morte depuis très longtemps, alors qu’elle pratiquait la voile avec leur père. Le bateau s’était retourné. Le corps de Marlene n’avait jamais été retrouvé.

Après les questions, les deux sœurs veulent savoir, comprendre. Elisabeth, leur mère a encore quelques moments de lucidité, mais confond parfois ses filles. Elle lâche des prénoms, Tom, Anton…

Le mérite de ce roman saga familiale est de faire cheminer lectrices et lecteurs dans la vie des parents, pendant, après la guerre, à une époque où Berlin s’est reconstruite avec les difficultés, que l’on sait, avec ce mur infranchissable entre deux idéologies fondamentalement opposées : l’Est et l’Ouest. 

On y voit toute la paranoïa développée par la Stasi, les excès des uns, la rébellion d’autres. Le questionnement d’Elisabeth, puis de Marlene, d’où les mystères nés d’actions secrètes, mais justes, quand on choisissait la liberté quitte à renoncer au confort que l’Est offrait à ses officiers un peu trop zélés.

C’est une page d’histoire qui est montrée à la hauteur d’une famille ballottée par l’Histoire. L’amour est bien sûr présent dans ces pages. Tout comme l’art et une toile merveilleuse, La Belle Chocolatière de Liotard. De superbes liens qui sont chemin vers la délivrance, l’oxygène et la liberté.

On ne lâche pas un instant cet ouvrage dès qu’on l’a ouvert. On retient son souffle jusqu’à la dernière page. Une histoire à ne manquer sous aucun prétexte.

3 commentaires sur « La liberté des oiseaux, par Anja Baumheier, traduction de l’allemand par Jean Bertrand, éditions Les Escales »

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