

J’aime découvrir des premiers romans et, de ce fait, tenter d’apporter un peu d’aide aux auteurs débutants.
L’aube américaine, par son sujet, m’a attirée. Un dépaysement total, l’histoire se passe à New York et tout fleure bon la Méditerranée et la Grèce. L’héroïne, Theodora, (espoir), veille sur sa Giagia (grand-mère en grec) dont la mémoire est un peu, beaucoup, chahutée. C’est une authentique histoire d’amour. Comment inventer un passé crédible pour échanger, garder la parole, renforcer le peu de liens qui s’effritent ?
La jeune fille parcourt New York à bord de son taxi et elle rencontre toutes sortes de gens et s’en sort bien. Elle est très pêchue, dirait-on. Elle a suffisamment d’humour pour cela. En recréant un passé à sa Giagia, elle la découvre autre. Joue-t-elle ? Chaque dialogue est une victoire. Jusqu’à croire qu’elle a chanté comme Callas, qu’elle pouvait le faire, ou avait été couronnée du Nobel. Giagia n’a eu qu’un amour… et selon une coutume, le culte des morts en Grèce, fait qu’on peut transporter les restes d’un défunt en attendant le lieu d’inhumation. On la croit, on la suit. L’auteure nous montre cette folle odyssée, souvent drôle, parfois poétique…
Là, où je ne marche pas (et que l’on me pardonne en général je suis positive dans mes lectures) c’est son histoire d’amour avec Ethan, très portée sur la bouteille, mais est-ce une histoire d’amour ? Tombe-t-on amoureuse d’un homme qui vous envoie une lettre porteuse d’un étrange parfum… qu’elle ne peut pas oublier. La lettre rappelle à la jeune femme l’intime, de l’intime. Ethan a éjaculé sur la lettre… C’est sa déclaration d’amour et elle y croit. Côté mauvais goût, (sans être bégueule) c’est parfait.
Je retiendrai ses liens avec sa grand-mère, la fine observation qui est la sienne, pour maintenir en vie cette femme et l’accompagner jusqu’au bout. Cela suffisait. Je retiendrai les interrogations sur ce qu’est de naître juive, alors qu’apparemment la spiritualité l’intéresse peu. Cela dit, les rites sont très présents dans ces pages. On s’inscrit dans une histoire.
C’est un premier roman (autobiographie sur l’identité, qui suis-je ? D’où viens-je ?) qui a bien des qualités et dont j’attends la suite… Cette aube américaine s’ouvrira-t-elle sur une grande clarté ?

















