
Avec sensibilité Raphaël Haroche chante, écrit aussi…
J’avais déjà lu Retourner à la mer et il publie aujourd’hui Une éclipse, titre de la première nouvelle qui donne son nom à l’ensemble du recueil que j’ai lu à petit pas, entre jour et nuit qui s’épousent.
Qu’est-ce qui est le plus fort dans ces textes ? C’est la manière dont l’auteur, par petites touches, ausculte notre société, s’attarde avec lucidité et tendresse, pointe des faits que les gens trop pressés ne verraient pas. Il cherche les défauts, gros et petits, et nous éveille à l’attention en pointant l’absurde.
Voici ce joueur de tennis qui ne sait pas contre qui il va jouer. Il a oublié qui il voulait être et son adversaire a peut-être un nom si important qu’on ne peut le lire. Mais il va jouer. La vie n’est-elle qu’un jeu, qu’un envoi de balles. Pourquoi et pour qui ?
Et cette femme que la société ne voit pas. Comme la société oublieuse des êtres qu’elle regroupe ou pas ? Qui éduque au regard ? Qui fait comprendre que la vie est fugace, donnée pour un temps si bref ?
Et la détresse de cet enfant ? La voit-on ? On lui a volé l’essentiel.
Et ce couple qui ne s’aime plus ? S’en remettra-t-il ?
Et Aïda, c’est quoi, c’est qui dans cette majestueuse vallée des Rois, où s’élève un temple qui va sceller le sort de quelques-uns. Marche vers la liberté ou ode funèbre ?
Ce sont ces instants de vie, ces fragments, telle une éclipse, toujours brève qui fait naître ou efface qu’a saisis l’auteur.
J’aime la fin, la rencontre en hôpital de jour ou ce qu’il en imagine. Les patients ont lu, posent naïvement des questions à l’auteur. Il écoute et répond, dit ce qu’il est, qui il connaît. Autant d’éclipses et d’essais pour chasser le doute ou transformer les regards assombris en éclats de vie, en gouttes de cristal…
Ne pas se priver de la lecture de ce recueil qui contient douze perles !

















