Roland Marcuola est fils d’immigrés italiens. Il se raconte l’année de ses sept ans au milieu des années cinquante. Une époque qui le voit grandir dans une cité ouvrière de la vallée de la Fensch. Le patron avait un nom : les aciéries de Wendel, mais au-dessus, se trouvait Labbé… Le représentant du Bon Dieu. 

Roland Marcuola devint instituteur, auteur de romans et de nouvelles, de poèmes et de chansons, metteur en scène. Mais il aime écrire. Ici, il raconte l’histoire de Guido. Le petit Macaroni, rien d’insultant, ce n’était pas grave dans ces cités ouvrières. On parlait ainsi des uns et des autres pour mieux les situer. On disait le Bicot, pour celui venu d’Algérie, ou le Pollack, quand on venait de l’Est, de la Pologne.

Dans ces pages bien rythmées, Roland regard le petit Guido qui va tomber amoureux de Jeannette, le jour de la communion. « Qu’elle était belle dans ses vêtements blancs avec une auréole sur la tête « . Elle était son ange aux cheveux jaunes puisqu’elle venait de Pologne. Une drôle d’impression dans le ventre, dont les plus âgés lui apprendront qu’il s’agit d’un coup de foudre.

Le récit est tantôt drôle, tendre, émouvant et s’arrête quand Guido a onze ans… On passe par des étapes difficiles, voire délicates, comme à la mort du père renversé par un camion. On aurait pu, écrit-il, dire écrasé… Mais le mot n’était pas joli. Ça faisait splash, tout écrabouillé, du sang partout.

Avec un talent qui n’appartient qu’à lui, Roland, évoque cette solidarité au sein des cités. Guido, c’est lui, sans doute, mais aussi tous les autres. Une histoire qui prend une dimension universelle. 

L’ouvrage a reçu le prix Béatrice Camandona* attribué par Le Cercle Leonardo da Vinci. L’auteur pensait-il donner une suite à Guido ? En tout cas, les lectrices et lecteurs la lui ont réclamée, et ils ont eu raison. Ainsi a suivi Tête de nœud, où l’on retrouve Jeannette, son ange et la curiosité du gamin qui découvre les Beatles et la vie du monde, parfois tissé de tragique, dont la guerre d’Algérie.

Deux ouvrages à ne pas manquer. J’ai rencontré l’auteur à Toul, il y a peu, et j’ai apprécié son talent narratif et la fresque brossée avec intelligence.

* Le 26 novembre 2021, Emmanuel Macron et Mario Draghi ont signé à Rome le Traité du Quirinal visant à renforcer la coopération entre la France et l’Italie. Et le même jour, à Paris, le Cercle Leonardo da Vinci a procédé à la remise de ses prix littéraires, sous la présidence du journaliste italien Alberto Toscano, et avec l’appui bienveillant de la député Maud Petit qui accueillait l’évènement au Palais Bourbon.  L’ensemble des prix littéraires décernés par Le Cercle visent à récompenser des œuvres en langue française ou italienne qui sont en rapport avec l’Italie. 

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