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Caroline Fabre-Rousseau a toujours eu à cœur de se pencher vers les oubliées de l’histoire. La vie des femmes, qui bravent les difficultés et tracent leur chemin l’interpelle. Elle nous avait déjà offert La belle-soeur de Victor H, (chez le même éditeur) une artiste peintre oubliée, mise dans l’ombre, sans doute du fait de sa parenté avec Victor Hugo.

Voici, avec Elles venaient d’Orenbourg, la vie de Glafira Ziegelmann et Raïssa Lesk, qui viennent s’établir à Montpellier pour y suivre des études de médecine.

En 1894, ce choix est difficile. L’une est passée par Genève, mais quand elle apprend que le diplôme convoité ne sera pas reconnu en Palestine où elle compte s’établir. Elle rejoint son amie à Montpellier.

Glafira sera la première femme admissible à l’agrégation et deviendra obstétricienne tandis que Raïssa qui avant de se penser médecin se destinait au théâtre qu’elle aime beaucoup ne le pourra pas. Même si elle se déclare athée, comme sa famille, elle est juive et que ce soit sous Alexandre III ou ensuite Nicolas II, en Russie, les Juifs qui ne peuvent même pas être propriétaires d’un magasin, n’ont pas ce droit. L’auteur nous montre aussi la vie sur cette terre où les pogroms sont monnaie courante.

L’installation à Montpellier où elles retrouvent d’autres Russes et une communauté chaleureuse se passe plutôt bien. Les jeunes filles apprennent vite et bien et Raïssa va rencontrer un Russe déjà bien intégré qui termine ses études et a à cœur d’aider ses compatriotes. Il est de santé fragile mais volontaire et très humain. Il va épouser Raïssa selon les rites juifs. Raïssa devient madame Kessel, elle mettra au monde, en Argentine où son mari s’est rendu pour soigner la communauté juive de la Pampa, un bambin qu’on appelle Joseph qui deviendra l’écrivain que l’on connaît.

Dans cette famille Kessel d’Orenbourg, Lazare, oncle de Joseph sera le papa d’un autre grand de la littérature, Maurice Druon.

On aime suivre les destinées de ces deux femmes qui gardent les liens, se retrouvent, s’éloignent pour les besoins du travail et des engagements, mais s’écrivent aussi et c’est tout le talent de l’auteure d’avoir ainsi construit son ouvrage.

Caroline Fabre-Rousseau a procédé en véritable historienne. Elle montre la lutte des femmes pour accéder aux mêmes métiers que les hommes. Elles furent contemporaines de Marie Curie et leurs efforts seront couronnés de succès même si, Raïssa par deux fois aura mis des rêves dans sa poche.

Montpellier qui est le lieu de la plus ancienne faculté de médecine de Montpellier-Nîmes a inauguré l’amphithéâtre Glafira Ziegelmann pour les 800 ans de la Faculté.

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