

Il est fréquent de trouver des livres à la vitrine des libraires sur le mieux vivre. C’est même une mode. Ce sont des livres de recettes : comment surmonter une épreuve douloureuse ? Faire face à la mort, l’horrible dame qui s’approche ? Mais il est rare, voire exceptionnel de lire un roman riche de beauté, où l’on avance à pas en cueillant de-ci, de-là, la fleur rare au parfum, certes éphémère, mais capable de changer le regard.
Le sourire de l’aube, joli titre, est cet ouvrage qui met en scène Camille, sa fille Perle, et un court moment dans le roman, Victor toujours aimant mais pas suffisamment fort pour envisager une vie avec la même personne. Aucun drame, Victor reste attaché à Camille et à sa fille. D’ailleurs ce n’est pas le sujet principal de ce roman.
Le sujet c’est Camille que Roberto vient « d’attaquer ». Camille nomme ainsi sa maladie. C’est plus facile pour en parler avec Perle, sa fille. On comprend vite de quoi il s’agit, puisqu’elle emploie le mot métastase. Le combat va exister.
On peut craindre, être désespéré, mais il faut aussi compter sur des rencontres.
Pour gagner son le quatrième étage où elle vit, Camille passe par le troisième où vit un vieux monsieur, dont on apprend qu’il s’appelle Melchior… Perle l’appelle le papou, un papou de Papouasie. L’univers lointain regorge toujours de mystère. C’est un homme à l’écoute et qui sait ce qu’est le temps, ce qu’est la souffrance, mais utilise chaque instant, chaque minute, chaque seconde pour en faire un rituel d’apaisement. Rien n’est jamais fini. Quand tout s’achève quand le point zéro est atteint, s’installe le silence, le début d’autre chose, vient alors le temps d’autres découvertes. En plus du thé, il offre une bouteille, un sirop… Connaît-il le secret des plantes ?
Dans le même temps, il y a ces belles rencontres près de Notre-Dame au marché aux fleurs avec Gabriel, un professeur médiéviste…
L’auteure utilise avec délicatesse et subtilité les symboles, les mots qui peuvent être décortiqués pour leur trouver un autre sens qui sera un nouvel élan. Méchante devient « mais chante ». Guérir, c’est « gai rire »…
On découvre que rien n’est petit quand on aime… Que tout est important pour réinventer la joie. Qu’il est des odeurs à débusquer, telle celle du pissenlit qui sent l’air… La preuve, quand on souffle dessus, il s’envole.
Si ces pages disent que la vie est tremblée, ce tremblement peut être généreux s’il est habité d’un sourire. Celui de l’aube ?
À lire, à offrir.















