

Olivier Barde-Cabuçon, auteur de polars historiques qui sait captiver ses lecteurs, entre dans la Série Noire avec un roman qu’on ne lâche pas.
L’histoire se passe pendant les Années Folles à Paris, en 1926. Paris est vraiment une fête. Finie la grande guerre ! Les femmes se libèrent, coupent leurs cheveux au carré avec une frange à la Louise Brooks.
L’histoire commence avec Alexandre Santaroga, psychanalyste qui s’est écarté de Papa Freud et qui fréquente un mystérieux Cercle de Rêveurs éveillés. Il rencontre Varya, jeune russe qui a fui son pays pour cause de bolchevisme. La rencontre a lieu dans un magasin où la très jeune femme risque d’avoir quelques ennuis pour avoir fauché quelques vêtements dont elle ne peut s’acquitter. Entre eux, l’entente est telle, qu’elle accepte de l’aider et de se rendre aux réunions de ce fameux cercle. Elle rapportera ce qui se dit… Santaroga a besoin de comprendre pourquoi un de ses patients s’est donné la mort. Mais est-ce cela ou l’a-t-on aidé ? Et pourquoi ?
Le roman est riche de personnages truculents. Les dialogues sonnent juste et l’humour y est présent. Et si l’on parle de rêve et d’inaccessible, Lewis Carroll, le papa d’Alice au pays des merveilles guide quelque peu notre psychanalyste et la jeune aventurière russe qui parfois ne saisit pas toutes les subtilités. Le ferait-elle exprès ? Qui est-elle vraiment ? Comment est-elle arrivée à Paris ? Santaroga peut s’interroger à son propos…
L’auteur décrit ce Paris agité et ivre de fêtes en même temps qu’en coulisses, la montée du fascisme gangrène la société, l’Europe… Plus à l’Est, Staline a pris ses marques. Si quelques Américains et Canadiens hantent l’histoire, on revient souvent aux Russes Blancs qui espèrent toujours que la révolution sera en quelque sorte renversée et qu’un retour dans la Sainte Russie pourra s’opérer. En attendant, quelques querelles se règlent sur le sol français.
Un excellent roman.

















