

Brina Svit est née à Ljubljana en Slovénie et vit à Paris depuis 1980. L’essentiel de ses romans a été publié chez Gallimard. Mais depuis 2003, chaque écrit l’est, à la fois en français et dans sa langue maternelle. Elle a reçu de nombreux prix et a été finaliste du Prix Goncourt de la nouvelle. Ce qui n’empêche pas l’auteure, connue et reconnue, d’avoir essuyé un refus. Un roman dont un éditeur n’aurait pas voulu… C’était la première fois. Peut-être est-ce l’une des raisons qui déclenche chez elle un mal de dos qu’elle ira soigner en Inde, pays qu’elle ne connaît pas. On lui a recommandé une cure ayurvédique qui fait merveille dans la capitale du Kérala, au sud de l’Inde. Et quand elle arrive au portail d’Ayurmana Dharma, en mars 2020, sa vie va se trouver bousculée avec le risque d’un enfermement dû à une épidémie dont elle est vaguement au courant, mais sans plus.
La romancière, qu’elle est, repère les personnes, les nomme, depuis les soignants, les masseurs, jusqu’aux personnes venues d’un peu partout en quête d’apaisement.
Lectrices et lecteurs découvrent les soins, les massages à l’huile, c’est toute une industrie en ces lieux où le corps se redécouvre et s’apprend.
L’auteure était déjà une fervente de yoga, le pratiquait et, lorsqu’on lui intime d’apprendre à respirer, la tentation est de dire : mais je sais tout cela. Elle est finalement très disciplinée, s’abandonne car elle ressent ce besoin de se défaire des maux et de se purger.
Elle a emporté peu d’effets, son ordinateur, un livre, son tapi de yoga, son appareil photos. Elle lave sa robe chaque jour et repère dans le parc jardin, jusqu’au portail du lieu, des arbres avec lesquels elle semble se sentir bien. Mais près d’elle et des autres pensionnaires, est l’intrus appelé coronavirus et qui enfermera au propre comme au figuré jusqu’à forcer au départ. L’accueil souriant des débuts a fait place à une certaine hostilité. La peur grimace les visages.
Restent les êtres des lieux, son humour, son regard vif et les devinettes qu’elle trouve chaque jour ou presque dans sa boîte mail et qui guide l’auteure et sont peut-être le véritable soin reçu sans avoir besoin de donner sa langue au chat pour comprendre.

















