

Le récent roman de Jean Siccardi, a tout pour séduire. L’auteur est érudit, friand d’histoires provençales enracinées dans ses terres, une région qu’il aime tant et dont il aime faire partager le fruit de ses recherches à son lectorat qui en sort enrichi.
Comment a-t-il eu connaissance de l’histoire ce jeune forgeron Jean Trouin qui se distingue dans les œuvres forgées, au point que son patron l’envoie livrer les commandes au gouverneur de Nice ?
La tête lui tourne et le voici qui rencontre un inconnu qui le persuade qu’il voit en lui un disciple. Cet homme dit se nommer Lascaris, être alchimiste. Il est capable d’opérer des transformations inouïes, produire de l’or. C’est sous le règne de Louis XIV.
Ainsi le maître et le disciple vont sur les routes de château en château, éblouissent les puissants en quête richesses.
Lascaris a-t-il bien fait d’entraîner Jean ? Lui est en quête d’autre chose que des biens matériels, mais Jean, lui est en quête de concret, de puissance. La bonne entente est mise à mal. L’élève dépassera-t-il son maître ?
C’est un roman initiatique sur le comment être, se trouver, devenir. Il y a si souvent loin de la coupe aux lèvres. Qui dit vrai ? Jean est un curieux personnage et il fallait la quête et l’érudition de l’auteur pour pointer les mensonges et petitesses humaines qui concernent tout un chacun.
J’ai aimé la peinture de l’époque, comment les hommes d’Église tentèrent de percer le secret de la transformation des métaux en or. Les guerres avaient appauvri le pays et il fallait renflouer les caisses. Le secret : c’est parler avec les ancêtres, se référer à Alexandrie, à Saint Thomas d’Aquin … Plus le mensonge est gros, plus il apparaît telle une vérité ?

















