

Elle a l’écriture chevillée au cœur comme au corps. Les nouvelles, les poèmes, parfois très courts au lyrisme débridé lui vont bien. Née en Lorraine, Sophie Cattanéo participe à la revue nancéienne Les Refusés. Quand elle s’inscrit à quelques concours de nouvelles, elle est souvent finaliste. Auprès de Dominique Chipot, elle s’essaye pendant plus de dix ans au haïku et cela donnera un collectif publié chez Pippa : Le goût des bergamotes.
C’est chez Kaïros que vient de paraître ce recueil si justement nommés Poèmes qui jappent au nez. En une trentaine de pages, elle brosse le portrait d’une société apparemment installée, de tant qu’à… où viennent se mêler des aïe. Tout y passe, les arts, le coiffeur, le cinéma, les fringues, les cocktails coupe de champagne, les colères, la drague, les attentats :
Aïe, Kouachi
en guise de gomme
la kalachnikov
Aïe Koulibaly
valeur de la vie humaine
hyper pas chère.
Il faut un sacré talent pour dire en six courts vers, ce qu’est notre monde, ou l’intime de l’intime. Les mots claquent, les lignes giflent. Le lecteur assoiffé prend une sacrée cuite au point de tomber. Tout est vrai, juste et ajusté. Tranchant et tranché.
Un talent qui ne s’en laisse pas conter. Le conte est asséné au plus juste. Osons, le compte est bon. Mais cela, seule Sophie peut l’écrire et bien mieux que moi.
Elle jette les mots sur le papier mais se garde d’offrir ses portraits.

















