Les impatientes, de Djaïla Amadou Amal, éditions Emmanuelle Collas

Les lycéens ont couronné un ouvrage de qualité. Un ouvrage qui a été lu et dont ils ont débattu. La jeunesse parfois donne de belles leçons aux adultes…

Les impatientes de Djaïli Amadou Amal est un ouvrage qui ne laissera personne indifférent. 

L’auteure évoque le destin de trois femmes, qui se veulent fortes, sont impatientes d’en finir avec les mariages forcés, le viol conjugal avec le prétexte qu’une femme doit subir, se taire, parce que c’est la volonté d’Allah.

Les histoires se passent dans le Sahel. 

L’auteure brise avec talent et férocité les tabous concernant la vie de ces filles, souvent très jeunes, qui doivent accueillir dans leur couche, un ami, un oncle, un cousin. On les prépare à cette obéissance passive. Qui prend soin de les écouter ? Ce sont des vies déchirées, des blessures pour lesquelles aucun médicament n’existe. Il ne reste que le silence parce que c’est l’horrible tradition. Comment une maman peut laisser faire cela ? Voir sa fille être le jouet des mâles qui prennent leur plaisir sans se soucier du devenir de la très jeune personne.

L’auteure, d’origine camerounaise, n’élude rien. Elle a été mariée à 17 ans, elle sait de quoi elle parle. Aujourd’hui, elle est maman de trois filles et a décidé qu’il était temps de dire.

J’espère que les filles de Djaïli sont fières de leur maman. Si ces pages pour elles sont un cri d’amour, pour nous lectrices et lecteurs, elles sont un coup de poing nécessaire, voire indispensable.

À lire absolument. À offrir !

L’anomalie par Hervé Le Tellier, éditions Gallimard

L’automne est un grand moment de la vie littéraire française. Distribution de prix, Goncourt, Renaudot, Médicis, Femina etc… Covid 19 oblige, les jurés du Goncourt ont eu la sagesse d’attendre la réouverture des librairies pour proclamer le nom du lauréat. Cette année sera celle d’Hervé Le Tellier, pour L’anomalie, chez Gallimard.

C’est un ouvrage à la fois littéraire et destiné au grand public. Un roman choral aux accents d’anticipation, puisque L’histoire nous projette en 2021. Mine de rien, on réfléchit : « Il est une chose admirable qui surpasse toujours la connaissance, l’intelligence, et même le génie, c’est l’incompréhension ». Si tout n’est pas dit, beaucoup est suggéré dans cette phrase pour raconter un événement inimaginable en juin 2021 qui va bouleverser des vies, hommes et femmes passagers d’un vol Paris-New York. 

C’est l’occasion de faire connaissance avec un tueur à gages, une pop star venue du Niger, une avocate brillante, mais pas toujours comme il faut, ou avec un écrivain discret (Tiens, tiens, est-ce l’auteur dans ces pages ?) Hervé Le Tellier, mathématicien, journaliste, collaborateur à Charlie Hebdo, au Canard Enchaîné, proche de France Culture, bref, en plein dans le monde agité de la chose littéraire, s’amuse et nous entraîne dans une aventure hors du commun dans cette histoire foisonnante riche de péripéties, qui cependant s’adresse à chacun. Que veut-il dire de nous ? 

Un bon Goncourt.

Histoire du fils, par Marie-Hélène Lafon, éditions Buchet Chastel

Il est des auteures qui ne font pas parler d’elles, loin du tapage médiatique, du jeu parisien, elles écrivent sans se soucier des critiques, du comment du pourquoi, mais œuvrent. Je ne crois pas me tromper, Marie-Hélène Lafon est ainsi. Elle occupe une place particulière dans le paysage littéraire. 

Couronnée par le jury des Renaudot, et on s’en réjouit, pour Histoire du fils, son travail est ainsi mis en lumière. Je voudrais rappeler que le Livre sur la Place l’avait distinguée en septembre.

Histoire du fils c’est celle d’André au tout début du vingtième siècle. Il a une mère Gabrielle qu’il ne voit qu’aux vacances quand elle retrouve sa famille. C’est sa tante Hélène et son mari qui veillent sur lui. Il est né de père inconnu. 

L’histoire se passe dans le Lot ou Aurillac avec un lieu Chanterelle, dans le Cantal aussi, et un peu Paris. Dans la France profonde donc. 

Cette histoire va se poursuivre le temps de 170 pages pas plus, pendant un siècle. Une traversée pour évoquer les uns et les autres. Pas de hauts faits, non, des personnages aux vies simples peuplées de silence. Un silence trop lourd sans doute.

C’est le talent, la puissance d’écriture de Marie-Hélène Lafon qui font qu’on ne lâche pas ce livre, j’ai envie de dire, écrit comme un peintre aurait pu le faire. C’est un livre d’images fortes, d’odeurs vertigineuses. « On avait laissé passer deux jours avant d’en reparler, un soir d’orage, dans l’odeur riche d’une pluie d’été qui remonte à la mémoire d’Hélène et la surprend, trente-sept ans plus tard, les deux mains arrondies en coque autour de la paire de chaussons jaune pâle, beurre frais, elle pense beurre frais, posés sur ses genoux. »

À lire. Ne passez pas à côté de cet ouvrage d’une rare beauté.

Le Pommier, par Christian Berkel, traduit de l’allemand par Laurence Richard, éditions Fayard

Christian Berkel est comédien. Polyglotte, il joue dans des productions allemandes, françaises et américaines. Il vient de se lancer dans l’écriture. Un premier roman pour raconter l’histoire des siens. Comme une enquête. Une famille avec des zones d’ombres ou des absences que seul un romancier peut combler. Et cela donne une histoire fabuleuse qu’on ne lâche pas. 

Tout commence à Berlin en 1932, lorsque Sala et Otto, treize ans et dix-sept ans tombent amoureux l’un de l’autre. Comment vont-ils se rejoindre ? Lui appartient à une famille ouvrière au cœur des quartiers les plus pauvres. Sa mère Anna tente de l’obliger à bien parler, la belle langue, comme son père. De père, il n’a plus. Sa mère vit avec Günther un alcoolique rustre. Il a une sœur Erna qui ne fait pas uniquement les ménages dans une maison de plaisirs. Chacun essaie de gagner quelques sous. Otto, très tôt le matin, travaille chez un charbonnier, et puis il y a l’école, et le club de lutte. Il rêve d’aller au lycée. Seul le savoir lui permettra de s’élever. Et s’il était médecin un jour…

Sala pour qui il éprouve, et c’est réciproque, un grand amour, vient d’une famille d’intellectuels, plutôt déjantée. Elle est juive. Sa mère est partie vivre en Espagne. Son père a une bibliothèque fabuleuse. Mais son père aime les hommes. Et s’il est attiré par Otto, il s’efface quand il comprend que sa fille aime ce garçon. Le bonheur de Sala passera avant le sien.

Comment s’aimer en ces temps troublés ? En 1938, Sala doit quitter l’Allemagne, se réfugier d’abord en France puis, dénoncée, sera internée dans un camp dans les Pyrénées quand les Allemands vont envahir la France.

Avec précision, l’auteur brosse le portrait d’une époque, de la force de l’amour qui unit Sala et Otto et que la guerre va séparer. Ils ne s’oublieront jamais. Malgré les fuites, les errances jusqu’en Argentine pour elle, jusque sur le Front russe pour lui. 

Une fabuleuse histoire, un vrai grand roman d’amour où bien des pièges sont évités. On comprend que cette histoire est celle de l’auteur et la lire produit le souffle, fige, met en apnée. On voit très bien l’évolution des uns et des autres. On voit au sein de l’Allemagne ce qu’a produit cette peste brune dont au début beaucoup tentaient de s’accommoder. D’ailleurs qu’est-ce que c’est qu’être juif quand on est athée ? Restent ces destinées, hors du commun, évoquées avec délicatesse et un talent maîtrisé. 

Une élégance rare. Des pages superbes. À lire vraiment, à offrir. 

L’Enfant de l’Aube par Fanny Leblond, éditions City, collection Terre d’Histoires

Beau roman, bouleversant roman que celui de Fanny Leblond qui peint avec délicatesse et rage, quand c’est nécessaire, le destin de deux femmes qui prennent, ou tentent de le faire, leur destin en mains entre les deux guerres mondiales.

D’abord Hélène en 1921, née dans une bonne famille. Une époque où le choix n’est guère donné aux rebelles qui ont envie de tirer sur la nappe trop blanche des dimanches ou de casser les verres en cristal. Hélène tombe amoureuse d’un jeune pilote et fronde son milieu en partant s’installer avec lui. L’amour avant tout. La liberté d’aimer aussi.

Hélène rencontre Anna, triste Anna qui ne se remet d’avoir aimé en dehors des conventions. Aimer un soldat sénégalais, n’est-ce pas impensable ? Encore plus impensable lorsque s’annonce un enfant qui ne sera qu’un bâtard, un métis ? On lui a pris son enfant, elle ne sait pas ce qu’il est devenu.

Entre les deux guerres souffle le vent de ce que l’on appellera Les Années Folles. La modernité frappe aux portes, incite à aller de l’avant et c’est ce moment que choisit l’auteure pour montrer ce que sont les êtres en quête de vérité. 

Fanny Leblond se glisse dans la peau de ses héroïnes. Que convient-il de faire ? En voyant le désarroi d’Anna, Hélène s’interroge. Forcer les portes ? Briser le silence ? La vérité, aussi douloureuse puisse-t-elle être, aidera-t-elle ? Si savoir fait mal, ne pas savoir étouffe, paralyse, tue. 

Si les femmes ont leur secret, elles savent que le silence peut conduire à la déraison. Souvent, quand un ventre s’arrondit, une femme s’interroge. Quelle mère serai-je ? Ferai-je mieux que ma mère ? Mon enfant à naître a droit au meilleur.

Aidée par Hélène, Anna ose affronter ses parents. Sa mère Camille. C’est elle qui sait, le curé du village aussi. 

Il y a une très belle scène lorsque le père d’Anna se dresse entre sa fille Anna et Camille, la mère trop sûre d’elle qui déclare encore. « J’ai fait ce qu’il fallait faire. Il n’y a pas de place chez nous pour les filles mères ni les bâtards. Et encore moins pour les nègres.»

Cruelle révélation, mots assassins. À partir de là, les terres vierges peuvent enfin accueillir les pousses de vie.

Ne ratez pas cet ouvrage. À lire et à faire lire.

Les chats de l’écrivaine, par Muriel Barbery, illustrations de Maria Guitard, éditions de l’Observatoire

Muriel Barbery nous avait enchantés avec L’élégance du Hérisson. L’enchantement d’ailleurs, au fil de ses ouvrages s’est poursuivi (autre ouvrage de cette rentrée chez Actes Sud, Une rose, une seule). On se doutait sans en avoir la certitude, qu’elle ne vivait pas seule. Près d’elle, quatre boules de poils à pattes de velours qui observent, conseillent même. « Sans nous, dit Kirin, elle ne serait peut-être pas écrivaine. »

Sont-ce les félins qui font les auteur(e)s ? En tout cas, sans ces chartreux, puisque ce sont des chartreux, elle serait différente, osent-ils miauler.

On pense à tous ces écrivains entourés de chats, Victor Hugo, Colette, Hemingway, et même Malraux qui, de sa voix théâtrale en les saisissant devant l’objectif, clamait : « Mes chats ». 

Dans cet ouvrage, les chats prennent la parole, Kirin raconte. On découvre Hocha, le petit dur au cœur tendre. Il est le reflet de la passion de l’auteure pour le Japon. Mitzu, aux pattes tordues, affectueuse au possible, et Petrus, plutôt raffiné, un brin silencieux. Il faut réfléchir avant de parler ? Kirin, c’est la bavarde, la cheffe de la communication. Ce n’est pas parce que, les félins n’ont pas la parole des humains, qu’ils ne pensent pas, n’ont pas d’idées. Ce livre c’est le leur. Une gracieuse libération. Ils ont envie de dire ce que les lectrices et lecteurs de Muriel ignorent. Eux, les chartreux veillent sur leur écrivaine. Ils la conseillent, la rassurent quand les doutes l’assaillent. Ils osent même affirmer qu’ils savent lire… « Nous sommes d’authentiques conseillers littéraires et, aussi extraordinaire que cela paraisse, cette singularité nous donne des droits. La paix des croquettes est trompeuse, c’est ainsi qu’on nous endort, c’est ainsi qu’on nous achète. Mais nous ne pouvons plus nous taire. »

Réel besoin de reconnaissance de la part des félins ? 

Dorénavant, nous les regarderons autrement. Ils ont tant à nous apprendre. Nous sommes faits pour vivre ensemble, non ?

L’ouvrage est superbe, les illustrations de Maria Guitart sont parfaitement adaptées à ce texte qui ne peut que séduire… Kirin, Hocha, Petrus et Mitzu ont dû en ronronner d’aise, comme nous.

CHARTRES, La Femme en Pierre, par Diane de Margerie, éditions Arléa Poche

Il faut rendre hommage aux éditions Arléa qui publient dans la collection poche, ce bel ouvrage de Diane de Margerie. En 1989 chez Gallimard, ces lignes splendides inauguraient la collection L’Un et L’Autre de J.P. Pontalis.

On (re)découvre donc l’ouvrage aimé de l’auteure qui vécut si longtemps à proximité de la belle dame en pierre. On apprécie cette écriture à nulle autre pareille pour décrire dans le menu détail les sculptures, leur signification, le pourquoi de leur présence, ce qu’elles évoquent et à quel texte fondateur, elles renvoient. 

Ces œuvres d’art disent à leur façon la Présence. La femme en pierre n’est pas inerte et pour peu que les jambes démangent le promeneur, elles entraînent loin. Voici des cygnes sur l’étang, le blanc, la pureté dans le paysage.

Mais que dire des vitraux qui aspirent la lumière, la captent et la renvoient et dessinent d’incomparables chemins pour le pèlerin.

Un tel édifice invite au dépassement. C’est le délaissement de nos bassesses, l’oubli de l’orgueil pour cueillir une fleur d’éternité.

Si l’édifice capte l’attention du promeneur, l’entraîne en un lieu clos, peut-être est-ce pour lui permettre de chercher en lui-même la source, la création à renouveler. Et Diane de Margerie, spécialiste de Proust, d’en appeler à cet auteur qui lui aussi s’enfermait pour créer. 

Mais cette errance au cœur de la beauté n’empêche pas l’auteure de parler d’autres commerces à l’ombre des pierres témoins des siècles. Voici le petit café qu’on peut boire, la jolie carte qu’on achète… Tout fait sens.

Cette édition est une histoire de la Beauté, celle capable d’allumer les étincelles du monde invisible. 

À l’heure où Notre-Dame à Paris, victime des flammes, a failli disparaître définitivement, il reste celle de Chartres. À vol d’oiseau, ces deux merveilles ne sont pas si éloignées. Celle de Chartres célébrée aussi par Péguy, appelle et veille sur celle de Paris qui se redresse et continuera de nous éblouir.

Ces femmes en pierre sont plus vivantes que jamais.

La Communauté des Esprits, (tome 2 de La Trilogie de la Poussière) par Philip Pullman, traduit de l’anglais par Jean Esch, éditions Gallimard-Jeunesse

Il aura fallu attendre sept ans pour que le tome 2 de la Trilogie de la Poussière soit à la vitrine des libraires. 

La Belle Sauvage nous avait enchantés (petits et grands). Nous avions découvert et aimé Lyra bébé, à 12 ans, gardée par des nonnes… puis enlevée par Malcolm et Alice… 

Dans ce tome 2, Lyra est une jeune fille, une jeune adulte passionnée de littérature. L’imaginaire tient une grande place dans sa vie. Que serions-nous sans le rêve et les autres mondes ?

Lyra est étudiante et va entreprendre un grand voyage. Un voyage initiatique bien sûr. Elle découvre le monde autrement et notamment un aspect étrange jusqu’à la douleur de Pantalaimon. C’est intéressant de voir Lyra-Parle-d’Or autrement. Elle a changé, évolué. Qui est-elle devenue ? Elle est à la fois déterminée et tourmentée. Sa rencontre avec Malcolm va tout changer chez elle. C’est ensemble qu’ils vont voyager loin d’Oxford et de l’Europe. Quel est ce désert hanté d’Asie Centrale ?

Le roman est truffé de références littéraires, l’auteur le veut ainsi. On se construit avec la lecture, la trace qu’elle laisse et il est intéressant de voir comment elle fascine les esprits.

L’auteur sait installer d’impossibles décors, tendre la toile, nous envelopper dans son univers. Il nous fait réfléchir. Que pouvons-nous croire ? En quoi nos certitudes ou incertitudes peuvent-elles nous faire grandir ? 

Ce livre est bien sûr un chemin de maturité pour tout un chacun. Une élévation lumineuse après les épreuves nécessaires qu’il faut surmonter. Le meilleur reste à venir. 

Car bien sûr ce tome 2 est un vaste de questionnement. Les réponses manquent ? Nous restons sur notre faim. Mais elles nous seront offertes dans le tome 3. On saura tout ou presque. Pourvu que ce soit avant sept ans.

Envers et contre Tom par Bev Thomas, traduction de l’anglais par Carole Delporte, éditions JC Lattès, collection suspense

Ce premier roman de Bev Thomas ne peut pas laisser les lectrices et les lecteurs indifférents. Voici Ruth, psychothérapeute dans une unité de thérapie de traumatologie. Elle est excellente dans son travail, très appréciée. Jusque-là, elle a réussi à élever un mur entre sa vie personnelle et son travail. Or, sa vie personnelle est une blessure béante qui ne peut se refermer. Mère de jumeaux, un garçon et une fille, elle ne peut se faire à l’idée que Tom, son garçon, solitaire, un peu différent, qui a toujours éprouvé des difficultés à vivre en société a disparu.  

Si Carolyn suit son chemin, amour, fille volontaire, études, rien de semblable n’a eu lieu avec Tom. Lorsqu’un nouveau patient fait irruption dans son bureau, la vie de Ruth bascule. Dan, ressemble à Tom. L’exercice de son métier, sa pratique, jusque-là sans faille, lui dicte la bonne attitude. Ne pas se laisser submerger par l’émotion qu’elle ressent. Certes, mais elle est mère… Et dans l’intérêt de Dan, si elle veut l’aider, le sentiment ne doit pas entrer en ligne de compte. La distance est nécessaire. Mais on peut avoir été toujours parfaite dans l’exercice de son métier et marcher soudain sur une ligne de crête. Elle sait tout cela, elle le ressent et lui reviennent des conversations qu’elle a eues à propos de Tom avec son époux. 

Ce roman montre bien les grandeurs et les petitesses de chacun. Les tiraillements dont nous sommes victimes quand il y a des choix à faire. Pourquoi des blocages viennent-ils tout compliquer ? Pourquoi alors que l’on pressent une issue plus qu’incertaine, dangereuse, met-on le doigt dans un engrenage qui risque d’être infernal ? 

Ruth est lucide. En vain, elle essaie de recoller les morceaux quand survient un drame épouvantable. Elle réussit à nous émouvoir.

Ce premier roman, tel un thriller psychologique, est une réussite.

L’Ickabog, par J.K. Rowling, éditions Gallimard-Jeunesse


La maman d’Harry Potter nous offre un bien joli cadeau pour ces fêtes de fin d’année.

Quand elle écrivait encore Harry Potter, elle racontait à ses enfants ce conte à ses deux plus jeunes enfants. 

Il paraît que Madame Covid a donné des idées à l’auteure qui a repris cette histoire et s’est fait aider de ses enfants devenus plus grands. Elle a joué le jeu avec Internet et a d’abord mis en ligne l’histoire et a incité ses jeunes lecteurs à faire des dessins sur ce qu’elle avait écrit. 

Ne vous dites pas que l’auteure fait feu de tout bois malgré les sommes engrangées avec Harry Potter, au contraire, l’ensemble de ses droits sera reversé à des associations venant en aide à celles et ceux qui ont souffert de la Covid-19. Saluons cette belle générosité !

Venons-en à l’histoire. C’est celle de la Cornucopia, un petit royaume où l’on ne peut être qu’heureux. On n’y manque de rien. Il y a bien sûr un roi avec une moustache extraordinaire. Ce pays est célèbre pour son art de la table. On y mange bien, tout est bon, succulent. Mais comme rien n’est parfait dans le meilleur des mondes, l’Ickabog est le monstre des marécages. Tout le monde en a peur. Il sort la nuit pour manger les moutons et les enfants. 

Au-delà du conte qui se déguste (sans jeux de mots) c’est aussi une fable pour tous et on suit Bert et Daisy. C’est mine de rien, une critique du pays et des indépendantistes.

Ce livre est pour les petits et les grands qui ont oublié, heureusement, de grandir. 

Ne pas se priver de cette aventure. Un plaisir à partager.