Après, Il est à toi ce beau pays, fresque portant sur la colonisation de l’Afrique et Le Diable parle toutes les langues, pour dénoncer le commerce des armes, Jennifer Richard, franco-américaine d’origine guadeloupéenne, poursuit sa fresque sans concession d’une histoire officielle de la colonisation et des assassinats arbitraires qu’elle égratigne impliquant lectrices et lecteurs, les emportant sur des chemins où ils n’auraient jamais osé s’aventurer.

Il y a Ota Benga, Pygmée d’Afrique, le narrateur de ces vies fauchées et qui a l’idée de convoquer les fantômes du passé, tout pays confondu. Ils ne furent pas tous des politiques, même s’ils sont nombreux, il y a des artistes, des écrivains engagés et dont la mort a été suspecte du fait de leurs idées. 

En plus de 700 pages d’une incroyable richesse et d’une documentation inouïe, (l’auteur a fourni un extraordinaire travail) on voit défiler Jean Jaurès qui donne quelques précisions, téléphone portable en mains et qui se rue sur Wikipédia pour nous informer. On voit son ami Zola, mais aussi Che Guevara, et son cigare. Martin Luther King, les Kennedy, Rosa Luxembourg, Pasolini, le cinéaste écrivain et poète (il insiste sur la poésie), Lumumba, Malcom X… Leur vie est racontée et ils donnent d’amples précisions parfois difficiles à lire. Il y a aussi ceux qui n’étaient pas d’accord avec ces assassinats qui ont combattu mais ne sont pas parvenus à leurs fins et à rétablir la justice. Oser vivre et survivre ne fut pas chose aisée.

La période évoquée va de 1896 à 1916, on ne fait pas l’économie de la Grande Guerre. Parfois ces fantômes réunis dans ce lieu hors du temps font référence à 1800 et d’autres nous poussent à la porte d’un monde pas si éloigné du nôtre. La guerre du Rwanda est encore proche.

La colonisation et ses injustices voire ses crimes, est très présente, qu’elle soit américaine, belge, française, allemande ou autres. Et même si l’Amérique a eu un président noir. Rien n’est réglé, écrit Jennifer Richard en donnant la parole au narrateur de l’histoire. Les présidents ne sont ni blancs, ni noirs, ils sont présidents, ont épousé une fonction qui les place en dehors du quotidien, loin, si loin du peuple.

Une leçon d’histoire magistrale !

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