Cécilia Dutter, l’auteure de ce beau roman, explique que le personnage de Marie-Madeleine l’a toujours fascinée.

Marie-Madeleine revient à plusieurs reprises dans les Évangiles. Sœur de Marthe et de Lazare, prostituée ? Elle serait de celles qui ont suivi Jésus jusqu’à la Croix, témoin de sa Résurrection ? Mais qui fut-elle ? 
Certains pensent qu’il s’agit de femmes différentes. D’autres savants des écritures affirmeraient qu’il s’agit d’une seule et même personne et abondent dans la légende d’une fin de vie non loin de Marseille où son embarcation a échoué. Au fond, peu importe, ce qui compte, c’est le personnage d’une Femme, représentant toutes les femmes et qui porte le flambeau de celles, qui, de l’aventurière à l’amoureuse ont ouvert des chemins.

Dans ces pages, sans vouloir convaincre qui que ce soit, Cécilia, telle l’excellente romancière qu’elle est (sans oublier l’essayiste talentueuse, les liens mère-fille, fille-père ou son regard sur Etty Illesum) raconte cette femme qui se sent à l’étroit au sein de sa famille, décide de partir et d’oser vivre pour elle. C’est-à-dire d’embrasser la vie et l’amour en prenant les hommes dans ses bras. Qu’espère-t-elle ? Combler sa soif, étreindre, être reconnue, célébrée ?

Rien de tout cela. Déception. Les hommes, les puissants passent. N’en veulent qu’à sa beauté, jolie fille au teint laiteux et à l’abondante chevelure rousse, celle qui un jour caressera les pieds du Christ, essuiera les larmes versées avant que Marie-Madeleine, dont les sages du repas ne veulent pas, verse le parfum et s’entende dire : « péchés te sont pardonnés ».

On suit la quête éperdue de Marie-Madeleine, son besoin d’absolu, son revirement spectaculaire. Le seul véritable amour est incarné par ce personnage qui va sur les routes et parle à tous, fait des miracles en offrant le meilleur à celles et ceux que parfois la bonne société ne veut pas regarder.

Sous la plume de Cécilia Dutter, c’est une femme d’une étonnante modernité qui se révèle, une femme libre, une femme qui choisit sa vie, quitte à se mettre en danger. Comment traitait-on les pécheresses et tout simplement les femmes même au temple ? Comme Jésus, Marie-Madeleine bouscule les codes de son époque et de toutes les époques. On peut dire qu’elle est l’une des premières féministes et à ce titre, osez lire ce roman fort bien documenté. Les descriptions de la Samarie, de la Judée, du lac Tibériade, de la cour d’Hérode sont superbes. Le chemin vers l’amour universel magnifique. 

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