Olivier Schefer est écrivain, philosophe, enseignant, éditeur et traducteur de l’œuvre philosophique de Novalis, spécialiste du Romantisme allemand. Déjà auteur chez Arléa, Olivier Schefer compte à son actif plusieurs essais, mais Un saut dans la nuit est son premier roman.

Je défie quiconque qui y plonge de s’en extraire. Cent vingt pages pour raconter un premier amour vécu à Saint-Béat en Occitanie dans les années quatre-vingt. 

François et Jean, deux amis d’enfance, d’adolescence ne sont pas vus depuis fort longtemps. Jean, celui qui est resté sur les terres du Sud-Ouest, non loin de la tumultueuse Garonne, appelle François. Il a quelque chose à lui donner. 

François se souvient de son enfance, des vacances dans la maison de Granny, de ses jeux et défis avec Jean qui aidait ses parents à la ferme. Parents qu’il n’a jamais vus, pas plus que Jean n’est venu chez lui. Leurs rencontres avaient lieu dans la nature, dans une maison abandonnée, dans les prairies, sur les bords de la Garonne où les deux adolescents se lançaient des défis. T’es pas cap de… 

Doucement, ils grandissaient, s’acheminaient vers l’âge d’homme. Mais l’amour allait passer par là… Entre les deux adolescents, Geneviève, belle, énigmatique. Le mystère Geneviève. Elle est la sœur de Jean et n’a pas l’habitude d’aider à la ferme. Le tracteur, c’est pour son frère, sauf une fois où François l’aperçoit juchée sur le garde-boue. 

François se souvient de ses premiers émois amoureux, des longs cheveux de la belle, retenus en chignon par un crayon. Comment oublier ce premier baiser qui a ouvert une porte découvrant un chemin inconnu qu’il veut poursuivre ?

Il se souvient de la nuit au château, de cette étrange fête et de ce qui a suivi… Et s’il entend ce que chantait sa mère en démêlant quelques cheveux Colchiques dans les prés, la Garonne, authentique personnage qui donne et prend à la fois, lui revient, s’il a appris en grandissant à se brosser les dents, faire ses lacets, à nager, il confie : Aimer ne s’apprenait pas et nous laissait aussi démunis que de naître.

La Garonne accompagne, se gonfle peut devenir terrifiante, engloutir à jamais. L’auteur se souvient de la chanson de Joe Dassin : Marie-Jeanne s’est jetée du pont de la Garonne. Un saut dans la nuit, une nuit d’orage presqu’irréelle.

Ne ratez sous aucun prétexte ces belles pages, graves, douces, imprégnées de romantisme. De tels écrits sont précieux à nos âmes.

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