Il fallait oser réunir dans un ouvrage deux êtres que tout ou presque oppose. Question d’audace et de talent chez Patrick Rotman, qui n’en est pas à un coup d’essai, quand il retrace par écrit ou caméra au point, des vies d’êtres qui ont fasciné le grand public.

Dans cet ouvrage qu’on ne peut quitter de la première à la dernière page, il s’attaque à Yves Montand et à Georges Semprun (prix Nobel de Littérature). L’un est fils d’immigrés italiens. La famille n’a pas supporté Mussolini et a échoué dans les quartiers pauvres de Marseille à défaut de pouvoir parvenir en Amérique. L’autre né au sein de la grande bourgeoisie madrilène, est trilingue. Les parents se sont réfugiés en France. Franco, très peu pour eux.

Ivo est un jeune homme timide, angoissé qui ne parvient à se réaliser que sur scène. Les débuts sont difficiles. Jorge est tout aussi timide et trouve un sens à sa vie en s’engageant… Ils ont en commun d’avoir la foi rouge. Si Jorge s’engage dans la résistance et est déporté à Buchenwald, Ivo pense d’abord à chanter sans oublier les siens. 

Le hasard les met en présence dans les années soixante. Tous deux ouvrent les yeux sur cet idéal perdu. Comment croire encore que la fraternité s’oppose au mal absolu quand on voit ce qui se produit à Prague par exemple. Les souvenirs font l’assaut chez Jorge qui sait qu’à Buchenwald, il a été sauvé par un communiste allemand. Pour lui, comprend Patrick Rotman : écrire signifiait refuser de vivre. Ne pas écrire signifiait refuser d’être. Il lance cette phrase à Jorge qui admet que si elle est un peu lapidaire, elle est vraie.

L’amitié se tisse entre les deux hommes et se renforce avec la rencontre de Costa Gavras, le cinéaste d’origine grecque. Très vite l’idée de raconter l’histoire d’Artur Ludvik écrite par Artur London est là. L’histoire se passe en 1951 à Prague, Ludvic est accusé du pire et sera contraint de signer des aveux humiliants. C’est l’époque des purges staliniennes. C’est Jorge qui sera le scénariste et Yves, l’acteur. Simone Signoret sera aussi au générique.

Le film fait grand bruit. Le PC français n’apprécie pas. Yves est raillé par les siens.

L’ouvrage de Patrick Rotman a le mérite de nous faire parcourir l’histoire contemporaine, la nôtre, sans jamais tomber dans l’histoire pour midinettes même si la vie d’Yves fut une vie de conquêtes… Nous croisons Hemingway, Piaf, Kennedy, Arthur Miller marié à Marilyn Monroe, Khrouchtchev et tant d’autres.

À lire !

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