Quel auteur peut se vanter avoir écrit plus de deux cents ouvrages en cinquante-trois ans ? Quel auteur déclare à la publication de son ouvrage (ça fait plusieurs années que cela dure) C’est mon dernier, je n’écrirai plus. Je mets un terme et me consacre à la peinture et à la vie en Vosges ? Et finalement poursuit sa tâche et œuvre pour notre plus grand plaisir.

Un nom, vite… Pierre Pelot ! Il a touché à tous les genres dans le registre de l’écriture avec fougue, mystère, talent, richesse de vocabulaire extraordinaire, des personnages plus qu’attachants.

Voici un roman (une belle entrée dans la Série Noire) qui nous entraîne dans Les Jardins d’Éden. Pierre fait fort. Le précédent ouvrage nous avait montré ces Braves gens du Purgatoire. Ici, on se retrouve à Paradis. C’est dire si on touche au ciel. Du moins, à celui des Vosges où se déroule l’action.

Le crabe a chopé Jip Sand. Jip a résisté et revient dans sa maison d’enfance pour se rétablir complètement et retrouver Annie, sa fille, qu’on appelle Na. Sauf qu’elle a disparu depuis plusieurs mois.

Jip veut comprendre et c’est bien naturel. Jip a été journaliste et a fait partie des quatre mousquetaires des lieux, les jumeaux Touetti (l’un a épousé Virginia, la mère de Manuella, une fille retrouvée morte à demi dévorée. Il y a aussi Julien dit Titi devenu le maire de Paradis.

Paradis, c’est une station thermale, tout est beau comme il faut, sauf qu’à deux pas, il y a un lieu qui détonne, Charapak, la casse des Manouches où il se passe bien des choses. 

La mémoire revient à Jip… Manuella, c’était l’amie de Na. Et n’en déplaise à ceux qui craignent de le voir remuer une boue malodorante, il veut savoir. La maladie ne l’a pas eu, et ce n’est pas la vérité qui lui fait peur.

On retrouve l’univers de Pierre Pelot, les Vosges, les sombres forêts, un style à nul autre pareil, imagé, percutant, nerveux et vif, baigné de tendresse rugueuse. Une quête enquête qui ramène Jip à quelques comptines.

La poule sur une mur… ou Dansons la capucine… Quand il retrouve les uns et les autres du pays d’enfance et de Charapak. Jip n’en finit pas de penser. Il est sans illusion, mais a le cœur débordant de Na. Il lui doit bien cela : savoir… Où s’en va la réalité quand on n’y prête pas suffisamment attention ? Toutes les réalités ? Où vont-elles donc se cacher ? Où vont-elles donc danser ? …. Dansons la capucine, y a pas de pain chez nous

Avec Pierre Pelot, vérité et danse peuvent s’épouser… Aussi mortelles qu’une balle et peut-être davantage que la maladie.

À lire !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s