Marie Sizun sait d’un petit rien, d’une décision ordinaire qu’elle fait prendre à un personnage, écrire une histoire. Installer un paysage peuplé d’êtres humains en apparence ordinaires et dont elle va tirer les fils pour captiver lectrices et lecteurs. 

Ici, Claire arrive en Bretagne, dans la maison de famille qui fut celle de Berthe, la grand-mère qu’elle laissa en indivision à sa fille Anne-Marie et à ses deux filles. Claire a gardé la maison. Armelle n’en a pas voulu. Si Claire arrive en Bretagne un jour d’octobre, c’est pour répondre à l’agent immobilier qui ne cesse de lui dire, que les locataires de chaque été espèrent que des réparations pourront être faites. Une maison ça s’entretient. Agacée Claire a pris rendez-vous avec l’agent et le notaire. Elle préfère en finir avec cette maison et la vendre.

Or quand elle entre dans la maison et dans la chambre de Berthe. Le lit est occupé… 

Et soudain tout revient à la mémoire de Claire, le couple de ses parents… Ce père, Albert, jeune peintre qui partit pour l’Argentine et qu’elle n’a jamais revu. Berthe avait compris sans jamais se mêler des affaires de sa fille, que ce couple n’allait pas bien. Albert était très attaché à Claire qui l’accompagna jusqu’au bus qui allait le conduire à la gare, d’où il prendrait le train pour Paris avant de sauter dans un avion. Elle se souvient de sa sœur, plus jeune de cinq ans. S’il y eut une enfance partagée, l’adolescence et l’âge adulte les ont séparées. Elles ont pris des chemins différents. Des moments difficiles pour Armelle. Jamais elles ne purent se réconcilier…

Marie Sizun montre bien cette petite localité bretonne avec ses marées, ses lumières. La semaine qu’elle va passer en ces lieux sera celle d’une résilience, d’une porte qui va s’’ouvrir grâce à Julien, le correspondant du Télégramme et à Yvonne sa mère. Yvonne pas du tout avare de tendresse. Pour la première fois, peut-être, Claire se sentira accueillie et pourra mieux comprendre ce passé ombré de trop de nuit.

La maison de Bretagne et les souvenirs qu’elle recèle est un personnage. Il faut faire avec, laisser les volets s’ouvrir et se fermer. Elle n’a pas dit son dernier mot. Elle aussi a besoin d’amour.

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