Il paraît que la pandémie de Covid a donné des idées… Des personnes qui n’imaginaient pas un jour écrire ont utilisé ce temps de confinement, quand la France était totalement à l’arrêt, pour livrer leurs impressions ou observer. Certaines avec talent, d’autres pas. C’est une pédégère, d’une très célèbre maison d’éditions, qui m’a confié cela en septembre dernier. Vous n’imaginez pas ce qu’on peut recevoir sur le sujet. Et… ? avais-je demandé… C’est souvent très mauvais, et elle avait ri.
Sylvie Germain est une auteure confirmée que j’ai commencé à lire et à suivre, toujours avec bonheur, depuis Jours de Colère qui fit qu’elle décrocha à juste titre le Femina ou le Goncourt des lycéens pour Tobie des marais et bien d’autres récompenses. 
Brèves de solitudes arrive et bien sûr, je plonge, je dévore, j’avance, relis, avance de nouveau. Avec elle, on n’a jamais envie de finir trop vite. Il faut savourer.
Le décor, c’est un square où se croise l’humanité avec ses grandeurs, ses rêves, ses tristesses… Il y a la vieille dame aigrie : non elle n’est pas raciste, mais bientôt on ne sera plus chez nous. Et si ces étrangers nous apportaient cette vilaine maladie. La Covid, voilà, nous y sommes. Et il y a tous les autres… Tiens, mais c’est la concierge de l’immeuble et que va-t-elle faire avec son panier de linge ? C’est vrai qu’elle a tendance à souvent mettre le petit carton : absente pour quelques instants… Elle est certes bosseuse, mais son travail premier, c’est à la loge de l’immeuble. Il y a Guillaume qui lit l’Apocalypse et cherche le sens de cette lecture et d’autres. Cultivé, il peut aider une dame cruciverbiste qui cherche quelques mots pour combler sa grille. Et Magali qui a une fille qui se convertit à la pré adolescence… Une lubie sans doute. Ben non, elle s’est mariée en grand, en blanc a déjà trois enfants avec des prénoms religieux et le quatrième est en route. 
L’auteure brosse le portrait de ces personnages qui tournent, se détournent, quêtent la liberté sans toujours la trouver, surtout en ce temps où la pandémie ficèle, enserre. Un jour viendra, certes, il faut y croire. Dans toutes ces personnes, il y a un peu, beaucoup, de nous qui voudrions tordre le cou à la vilaine qui accentue cette solitude poisseuse et cette nuit qui tarde à se lever. L’observation est fine, tels quelques pas à la mélancolie des jours. Tragique et tendresse mêlés. Nos vies en espérance.
Une écriture qui colle parfaitement au sujet. Ne manquez pas cet ouvrage !
 


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