J’ai lu avec bonheur et frémissement Loin du soleil de Françoise Henry. Depuis longtemps je suis Françoise. La première fois que nous nous étions rencontrées, c’était en 1998, au Livre sur la Place à Nancy, nous étions toutes deux invitées de France Bleu… J’avais aimé son premier roman, Journée d’anniversaire. Je savais sa discrétion et son immense talent. Elle est comédienne, et aussi auteure de romans, de nouvelles, de pièces pour la radio. Elle est de ces auteurs dont la plume suit le quotidien des gens simples, ceux, dit Sylvie Germain, dont nul n’a souci.

Celles et ceux qui la suivent n’ont pas oublié la Lampe chez Gallimard, ni Le rêve de Martin

Voici Loin du soleil. Greta, au cœur de la campagne observe Loïc, son jeune voisin. Ce gamin n’a pas eu la chance de naître au sein d’un couple fort et normal, pourrait-on dire. Mais, qu’est-ce qui est normal ? Nadine, la maman est du genre neurasthénique, elle a eu une sorte de coup de foudre pour Pierrot, le plombier qui court les environs avec sa camionnette. Lui, est fou amoureux de Nadine, mais il ne sait pas le dire. Dans cette famille, on ne parle pas, on ne s’embrasse pas, tout juste si on se regarde. Nadine est oisive et passe son temps en été à laisser le soleil caresser ses jambes blanches. Greta, ne peut l’accompagner, car Greta a une maladie qui fait qu’elle ne supporte pas la lumière du soleil. Elle doit s’en préserver, mais elle observe Loïc et prend part à la peine qui va le saisir lorsque sa mère part au ciel à l’âge de vingt-six ans. Lui, il pense qu’elle a pris l’avion d’où l’expression des adultes autour de lui « fauchée en plein vol ». Jamais son père ne saura le prendre dans ses bras et expliquer. Il se met à boire, devient violent. Les grands-parents recueillent l’enfant. Mais ce sont d’étranges personnes, bornées, rustres, comme l’oncle.

Par petites touches, Greta observe, s’adresse à l’enfant et le raconte tout en se révélant. Elle aussi à une histoire. Une histoire qui ne peut se vivre que la nuit, comme Loïc au fond plongé dans la nuit des sentiments qui n’ont pu éclore. Il a décroché du système scolaire. Qui aurait pu l’aider à y rester ? Les mots seuls peuvent être une aide, ils servent à dire, à panser les plaies. Encore faut-il posséder le mode d’emploi.

Ce livre est un bijou dont toute bibliothèque doit se parer.

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