L’auteure nous conte l’histoire de Gabrielle, infirmière en néonatologie… Un service qui veille sur les enfants nés très prématurément. Son histoire nous montre la grande fatigue des soignants… surtout dans un tel lieu où l’on lutte pour gagner la vie, offrir le meilleur à des petits nés à vingt-quatre, vingt-cinq semaines… Quand on ne parvient pas à les sauver, c’est un drame, pour les parents, comme pour le personnel soignant. 

Gabrielle se donne à fond. Trop ? Le risque de craquer, de tout lâcher revient de façon lancinante. Et soudain, grâce à sa maman qui écrit, elle découvre la vie d’une infirmière qui fonda un orphelinat en 1920 dans l’ancienne abbaye de Valloires. Lieu magique, béni du Ciel. On voit cette infirmière Mademoiselle Papillon œuvrer jusqu’à la fin de la guerre 39/45. Une jeune femme déterminée qui ose mentir à la soldatesque allemande, affirmant qu’en ces murs, on soigne les enfants atteints de tuberculose… 

Bien évidemment, elle y accueille aussi les enfants qui ont la nécessité absolue d’être cachés sous d’autres noms. Ce sera le cas de la petite Madeleine, l’enfant qui s’assoit en tailleur sans jamais parler.

La merveille de ces pages, c’est que l’auteure alterne l’histoire de Gabrielle qui lit à ses moments perdus le manuscrit confié par sa mère. Mademoiselle Papillon a su, a pu, a réussi… Le destin de l’une peut rejoindre le destin de l’autre ? Petit miracle, Gabrielle parvient à mieux se connaître ? Quel fut son parcours dans les premières années de son existence ? Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné puisqu’il y a un problème ?

On voit aussi combien la science la plus sophistiquée est pauvre pour sauver un enfant, réceptif au monde extérieur, à la vie de ses parents, à leurs tourments. On parle de la technique du peau à peau, de la visite des parents dans cette salle 79 ? Pourquoi un enfant peut plonger ou reprendre vie parce qu’on sait ou pas lui parler…

(Le Professeur Relier, qui a longtemps œuvré au service des grands prématurés à Port-Royal, avait expérimenté cela). 

Le ton de ce roman est juste et lumineux. Les décennies peuvent séparer nos deux héroïnes, dont l’une a vraiment existé (Mademoiselle Papillon qui fut déclarée Juste parmi les Nations), il y en en elles un questionnement essentiel qui interroge tout un chacun. 

On ne peut lâcher cet ouvrage où la force met debout, où il est permis de croire en l’humanité.

Des pages intenses et émouvantes.

À lire, vraiment.

2 commentaires sur « Mademoiselle Papillon, par Alia Cardyn, éditions Robert Laffont »

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