Esther et son père étaient très liés. Ils se rencontraient mais s’écrivaient, car on ne dit pas les choses de la même façon à l’oral qu’à l’écrit… Lorsque le père d’Esther décède, la jeune femme qui est libraire dans le Nord lance un atelier d’écriture. Son désir est d’aider et sans doute qu’en aidant les autres, elle se mettra davantage au clair avec elle-même.

Cinq « élèves » sont candidats. Ils devront répondre à une question « Contre quoi vous défendez-vous ? » (Extrait de Garçon, de quoi écrire de Jean d’Ormesson et François Sureau, rappelle Cécile Pivot à la fin de son ouvrage). Les cinq élèves écrivent donc et envoient leurs lettres à un autre membre de l’atelier et bien sûr à Esther qui a le secret espoir d’en faire un roman. L’idée ne manque pas de piquant.

Nous découvrons Jeanne, épouse d’un médecin décédé, elle fut professeur de musique ; un couple qui vit une situation douloureuse Juliette a accouché d’Adèle et une dépression post partum l’a saisie… Nicolas est désemparé. J’ai aimé suivre ce couple, découvrir son histoire. On fait aussi connaissance d’un brillant homme d’affaires (brillant dans ses fonctions seulement) qui soudain prend conscience du vide existentiel dans lequel il se trouve, un jeune ado paumé…

Ces lettres sont une psychanalyse… L’écriture permet aussi des chemins que certains participants ne soupçonnaient même pas. Ces lettres, sans aucun jugement, sont aussi une rencontre avec l’humanité, avec ses éclairs, ses élans et ses douleurs. Qui sommes-nous ? 

Ce n’est pas le premier ouvrage de Cécile Pivot. Elle a à son actif Battements de cœur (Calmann-Lévy) qui a été salué par la critique pour son approche de nos fragilités. Comment du reste oublier Comme d’habitude, le témoignage concernant Antoine, son fils autiste ? 

Il est impossible de rester insensible à Les lettres d’Esther. Cet ouvrage confirme la sensibilité d’une auteure en quête de sens, attentive, lucide qui plonge sa plume dans nos pâtes humaines pour qu’en jaillisse le meilleur.

De très belles pages ! Ne passez pas à côté de ce roman qui aide à mieux vivre, redonne l’espoir et cette lumière dont nous manquons parfois cruellement.

Dans le cadre du Livre sur la Place à Nancy, Cécile Pivot participera à un débat « Le pouvoir des mots » animé par Florence Bouchy, Journaliste au Monde des livres, le dimanche 13 septembre 2020 à la Préfecture de 14 à 15 h.

2 commentaires sur « Les lettres d’Esther, par Cécile Pivot, éditions Calmann-Lévy »

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