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Guillaume Sire avait dix-neuf ans quand il a rencontré à Montréal en 2004 Saravouth qui jouait de la guitare dans la rue, un gobelet posé devant lui…

Il ne passe pas s’en s’arrêter, il est interpellé par le jeune homme qui après avoir joué quelques morceaux l’interroge : « As-tu lu l’Odyssée ? As-tu trouvé sous les phrases le passage vers l’intérieur du Temps ? »

Désemparé, Guillaume revient vers le jeune homme. Entre eux l’amitié s’installe et il lui raconte son histoire. Il est cambodgien né dans une famille bourgeoise… La guerre civile l’a séparé de sa famille. Il n’a dû la vie sauve qu’à un avion américain qui l’a l’embarqué…

Guillaume lui promet d’écrire un jour son histoire.

C’est celle qu’il nous offre dans ces pages auxquelles nul, je le garantis, ne pourra rester insensible. Guillaume fait le déplacement au Cambodge, va au bord du Mékong, rencontre des témoins de l’époque, dont François Ponchaud, des Missions étrangères…

Être le plus juste, au plus près de la vérité pour raconter la folie qui s’est emparée de ce pays à la suite du conflit vietnamien. La folie de Lon Nol, allié des Américains et celle encore plus folle en 1975 des Khmers Rouges dirigés par Pol Pot, venu faire ses classes en France avec quelque 250 autres étudiants amoureux de nos révolutions et de la commune.

Mais ce livre, c’est autre chose. L’histoire commence en 1971 et montre déjà les suspicions et jalousies au sein du peuple cambodgien. Ceux qui sont pour la France, ceux qui sont d’origine vietnamienne et qui ont fui le régime. C’est aussi le comment, un petit garçon, pétri de culture, grâce à sa mère professeure de français, a pu tenir ? Il est cet enfant Peter Pan, du Pays Imaginaire. Il est cet enfant qui ne pourra peut-être jamais grandir. Il connaît aussi l’Odyssée, toujours grâce à sa mère, (elle lisait à ses enfants ce genre d’ouvrages qui structurent un être humain) et tout au long de son périple, pour retrouver les siens, dont il a été séparé, il ne cesse de faire des comparaisons et de se remémorer les ouvrages.

L’absurdité d’une telle guerre, qui jette des frères, des amis en pâture aux uns et aux autres, comme on jetterait n’importe quelle viande aux tigres est là.

Saravouth a perdu Dara, sa petite sœur… Il a vu mourir ceux qui l’ont secouru. Il a été blessé, puis est recueilli dans un orphelinat. Sa quête ne prendra jamais fin.

C’est un roman extraordinaire, qui fouille les âmes, descend dans les arcanes d’une humanité d’une rare férocité. Les rives du Tonlé lap font penser aux portes de l’enfer. J’ai d’abord lu le roman sans avoir l’idée de lire l’argumentaire, recto et verso qui expliquait le pourquoi de ces pages et ce qu’elles pouvaient contenir.

N’hésitez pas à ouvrir ce livre et à l’offrir. C’est une page d’histoire, celle de la souffrance, mais aussi la nôtre puisque nous sommes frères du Pays Imaginaire, du Royaume Intérieur que notre bêtise meurtrit.

 

 

 

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