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Évelyne Lever est, comme chacun sait, historienne, spécialiste de l’Ancien Régime. Pourtant, elle vient de publier Paris sous la Terreur, une façon de mettre fin à une époque qui s’achevait avec la Révolution, dont elle confie qu’elle ne lui est pas aussi familière que cet Ancien Régime.

Il faut beaucoup de talent, doublé d’une écriture élégante pour relater les événements qui ont suivi la prise de la Bastille en 1789.

On voit naître une constitution balbutiante. Tant de doutes, de luttes fratricides pour le pouvoir, tant de dénonciations, d’arrestations, d’exécutions, de sang inutilement versé. Sort-on grandi de massacres organisés et encouragés par les élites ?

L’auteure montre ces jours d’août 1793 et septembre 1793. On entrait dans les prisons, dans les couvents, les sabres coupaient, les marteaux frappaient. Les corps étaient démembrés. La foule exultait.

La Terreur fera sans doute plus de 200 000 morts. C’est énorme et dans des conditions horribles. On peut s’interroger, le peuple avait-il besoin de tant de maux ? De quoi voulait-on s’affranchir ?

Sous la plume de l’auteure, on assiste à la chute de la monarchie. Le pays est encore très catholique. Toucher au roi, c’est quelque part toucher Dieu… Les révolutionnaires veulent en découdre avec la pratique religieuse, ils changeront le calendrier, les noms de rues. Du passé faisons table rase, soyons libres, expéditifs… C’est ce qui se passe, des simulacres de procès où la condamnation est déjà décidée, notamment la mort du roi…

L’auteure pointe les hésitations, les doutes. Et ces ténors de la Révolutions que sont les Robespierre, Danton, Marat (un presque saint laïc) car le voici assassiné par Charlotte de Corday arrière, arrière-petite-fille de Pierre Corneille. On voit la mort du roi, on voit Marie-Antoinette être conduite à la Conciergerie comme une moins que rien. Le peuple se réconforte en chantant Ah, ça ira, ou encore le chant des Marseillais, mais le peuple a surtout faim et réclame toujours du pain, du pain. Girondins, Sans-culottes, se déchirent, les ténors aussi. Saint-Just prononcera devant la Convention le discours fondateur de la Terreur. « La République ne sera fondée que quand la volonté du souverain –le peuple– comprimera la minorité monarchique et règnera sur elle par droit de conquête, clame-t-il. « Vous avez à punir non seulement les traîtres, mais les indifférents mêmes, à punir quiconque est passif dans la République car, depuis que le peuple français a manifesté sa volonté, tout ce qui est hors le souverain est ennemi. »

Le mérite de l’ouvrage est d’être vrai. À la fin de l’ouvrage, l’auteure donne « des nouvelles » des acteurs de cette Révolution et de la Terreur. Que sont-ils devenus ? Elle n’oublie pas les femmes qui se sont engagées dans l’histoire, Madame Roland par exemple ou celle qui signait Rosalie Jullien.

Un ouvrage de référence qu’il faut garder sous le coude et dans lequel on peut plonger pour comprendre très précisément une époque troublée et troublante. On peut s’interroger en regardant l’état du monde aujourd’hui… La Révolution a fait des petits. On regardait la France à l’époque. Mais est-ce que la liberté a besoin d’autant de sang versé pour être ?

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