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Le père de Mathieu Palain fut éducateur à la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse) avant de se tourner vers l’Éducation nationale. Si Mathieu, enfant, ne comprenait pas tout des discussions et rencontres avec l’équipe qui œuvrait à Évry avec son père, sa curiosité était en éveil et a fait que…

Passionné de sport, il espère en faire sa profession mais échoue et se retrouve journaliste. D’abord stagiaire à Libération juste au moment où sort sur les écrans Polisse qu’il regarde avec son coloc qui le trouve intéressant, mais en perçoit la caricature. Mathieu, lui, voit au-delà.

Est-ce le déclic ? Il demande à intégrer la PJJ pour une durée de six mois. Connaître de l’intérieur ce milieu, la vie de ces mômes, des éducs pour écrire un long article, un dossier sur le vécu de ces petites frappes, caillera, mais qui ont manqué de l’essentiel dès le départ.

Ce vécu, c’est le roman que je viens de lire.

Voici l’histoire de Wielfried, né de père inconnu ou qui a fichu le camp et d’une mère toxico qui ne s’en occupera pas. Une famille d’accueil, bien comme il faut l’élève et pense même l’adopter quand il est ado. Est-ce trop tard ? Le gamin est passionné de sport, de football surtout, a intégré le club d’Auxerre. Sauf que sa nature bouillante l’oblige à cogner dur et sec. Le voici renvoyé. Nous le voyons dans un centre semi-fermé, puis fermé. Autour de lui, d’autres jeunes avec des parcours semblables. Ce sont des gosses cabossés que des éducs, dont des femmes qui deviennent des substituts de parents, de mères, tentent de réinsérer.

Un très beau portrait de Nina est dessiné. Elle aussi aime le sport. On voit d’autres référents, comme Marc… Des juges… Une machine judiciaire parfois dépassée et qui fait ce qu’elle peut.

Le ton de cet ouvrage est juste, intense. Petit bémol, car il faut lire ces pages, le mot roman n’est pas vraiment approprié. C’est un docu-fiction, dirions-nous s’il s’agissait d’un film. C’est une longue enquête sur le devenir de ces jeunes fauves, bien malgré eux, qui n’ont pas reçu leur quota d’amour et d’éducation ou ont hérité dans leurs gènes du vide affectif que leurs parents traînaient.

Cela ne se passe pas dans un lointain pays, c’est à notre porte, dans nos banlieues, dans ces quartiers déshérités, si souvent laissés à l’abandon.

À lire, il y a urgence… Une jeunesse se perd et nous sommes responsables.

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