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C’est une page d’histoire peu connue du grand public que révèle Hélène Legrais dans son récent roman.

L’été 1936, en Catalogne, vont se dérouler les Olympiades populaires antifascistes organisées en réaction aux Jeux Olympiques de l’Allemagne nazie à Berlin.

Les compétiteurs viennent du monde entier et se retrouvent sur cette terre ensoleillée pour prouver aux fascistes d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne que la jeunesse est capable de refuser la dictature et surtout croit en la fraternité.

L’auteure braque les projecteurs bien évidemment sur la délégation française. Madeleine est une héroïne fictive, élève-infirmière à la Salpêtrière à Paris, elle est entourée d’autres héroïnes fictives, dont Odette que l’on va retrouver à l’hôpital, victime d’une balle perdue puisque Franco, le petit rondouillard redoutable va organiser un coup d’État et envoyer ses troupes. Mais ce qui est passionnant dans ces pages, c’est la fougue de cette jeunesse, c’est l’audace, à juste titre de l’auteure, qui mêle des personnages historiques Carmen Crespo, Martina Genesta, Gerda Taro et Élisabeth Eidenbenz (elle leur avait déjà consacré un ouvrage Les Enfants d’Élisabeth).

Ce qu’on découvre aussi, c’est l’histoire de Maria et Giuseppe, librement inspirée de celles des grands-parents de Bruno Caliciuri… Qui est Cali, l’artiste et le chanteur qui a donné la permission à l’auteure…

Ceci fait que l’on plonge dans ce roman historique avec bonheur, même si le sujet évoqué est grave. La vie palpite. Une fougueuse jeunesse veut encore croire en la jeune République espagnole. On y voit de jeunes allemands pas nazis qui ont fui le Herr Hitler qui ont déjà été jetés en prison à Leipzig pour avoir osé défier les règles du moustachu. Madeleine et ses copines offrent en cette terre de Catalogne la vision de Paris admirée dans le monde entier. Brecht est passé à Paris, a croisé Aragon.

Et il y a cette nuit terrible où l’on tire, on tue. Les matelas mis aux fenêtres pour se protéger. Les jeux qui seront annulés et ces jeunes qui choisissent de ne pas repartir dans leur pays d’origine, de rester là, de prendre les armes, comme Aleix et de lutter pour la liberté au nom de la fraternité. Madeleine a choisi, sans doute par amour pour lui : Les bouffées d’air lourd venant de la mer ne parvenaient pas à rafraîchir la chambre. Ici, septembre, c’était encore le plein été. Sur l’oreiller sa nuque était mouillée et ses cheveux collaient à sa peau. Sa tête était si lourde. Toutes ces pensées qui l’agitaient, l’assiégeaient sans lui laisser de répit, brouillaient son esprit. Le Fou restait en embuscade à Burgos. F pour Franco. Et le Cavalier de l’Apocalypse se lançait à l’assaut de tout… (…) Plusieurs milliers de civils, partisans de la République avaient été fusillés.

C’est un bel hommage rendu aux femmes qui osent garder le Front dans l’azur.

Bravo !

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