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Josette Chicheportiche est traductrice  auteure pour la jeunesse. Avec Six ans et deux cents jours, elle offre un premier roman maîtrisé et réussi que j’ai dévoré.

Sa mère était eurasienne et a rencontré son père jeune militaire français de vingt ans en Indochine.

Les camps du Viet Minh furent leur nid d’amour. Ils avaient vingt ans et dix-neuf ans. Ils ont passé plus de six ans prisonniers dans les camps, de 1947 à 1953. Un bébé est né trois mois avant leur libération. C’est leur histoire que l’auteure évoque, mais pas seulement.

La romancière est là qui a dû se documenter sérieusement, mais peu a été écrit ; voir des films, mais si peu sur ce sujet précis. Elle dit que cette écriture l’a aidée à se délivrer de leur captivité.

On suit l’histoire de Madeleine, la fille de Madame Baroin qui a accueilli et élève sa petite fille Nanou,  puisque le père est mort peu après sa femme. Madame Baroin est la patronne de la scierie. C’est une femme qui a des principes et est française et catholique, pieuse jusqu’au bout des ongles. Elle tient à son rang social, calqué sur les familles bourgeoises françaises. Quand Hô Chi Minh et les troupes du Nord Viêt Nam se soulèvent contre l’oppresseur et réclament leur pays, rien ne va pas plus.

L’auteure relate ces faits avec talent. Les paysages défilent, les us et coutumes aussi, jusqu’aux odeurs et couleurs des lieux. L’émotion nous vient lorsque Simon libéré de sa cage et qui s’est remis envoie un petit papier froissé par l’intermédiaire de Nanou :

Madeleine vous éclairez ma vie et mon cœur tout entier, je vous aime… Maintenant elle sait qu’elle a le droit de rêver de lui et lui d’elle. Les longues marches dans la jungle, la chaleur et le froid des nuits auront moins de prise sur eux puisqu’ils s’aiment. Mais le chemin sera long, plus de six ans de captivité à voir souffrir de plus faibles, à assister les mourants mourir. La compassion comme la dignité ne doivent pas déserter, pas plus que que l’espoir. Madeleine fait preuve d’un extraordinaire courage face à bien des tragédies. Et pourtant, elle aura à vivre la pire des choses puisque son enfant lui sera arraché des bras.

En écrivant cette histoire personnelle, l’auteure, par son talent, la transforme en histoire universelle et tourne les pages d’un livre dont on n’aurait jamais rien su.

Bravo !

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