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Ce roman est l’événement littéraire de cet automne. À plus d’un titre.

Ulrich Alexander Boschwitz a mis beaucoup de son histoire personnelle dans ce roman qui relate les événements que déclencha l’assassinat (mais cette nuit de cristal était prévue) de Ernst vom Rath, secrétaire d’ambassade d’Allemagne à Paris par un juif allemand d’origine polonaise en 1938.

Ce roman a été rédigé pendant ces événements et on croyait l’original perdu à jamais. L’auteur avait écrit à sa mère en précisant que s’il ne revenait pas vivant de cette tragédie, il faudrait faire publier ce texte et il autorisait l’éditeur à corriger. Le temps lui était compté.

L’auteur, né en 1915 à Berlin, émigre en Scandinavie, puis à Paris où il fait ses études à la Sorbonne. Il meurt en 1942 quand le bateau dans lequel il se trouve est torpillé par les Allemands.

C’est sa nièce et plus proche parente Reuella Shasaf qui, en 2015, retrouve le manuscrit à Frankfort et prend contact avec Peter Graf, éditeur réputé pour publier des textes rares. Le texte sera remis en forme et nous parvient aujourd’hui. On le lit sans le lâcher. Il montre le basculement des mentalités quand sont promulguées les lois visant les Juifs. Il montre les amis qui deviennent ennemis, les regards qui se détournent, les portes qui se ferment.

Ceux qui veulent en profiter pour dépouiller ces Juifs félons tels des voleurs. C’est à leur tour d’être riches.

Nous suivons de train en train Otto Silbermann, homme traqué, marié à une Aryenne. Son fils est en France. Becker, son associé, son ami de plus de vingt ans, ils ont fait la guerre de 14/18, le dépouille. La barrière du silence s’érige. Portes closes partout et arrestations quasi systématiques. Restent les trains… Puisqu’il n’est plus le bienvenu dans les hôtels où on le saluait. Sa femme ne répond plus au téléphone… Il monte dans un train, descend d’un autre. D’où le titre, Le voyageur. Il cherche à dormir, ne cesse de repousser angoisse et peur, tente de se raisonner pour se rassurer. Ce n’est pas possible, cela va se calmer. Il rencontre d’autres Juifs, traqués eux aussi, de braves Allemands, des Nazis. À qui se fier ?

C’est la peste nazie vue de l’intérieur comme jamais on ne l’avait lue jusque dans les hôpitaux psychiatriques…

Le roman se lit d’une traite, on veut savoir, espérer avec Otto…

Un livre à faire circuler pour que jamais on n’oublie qu’il faut peu de chose pour que la barbarie montre son hideux visage.

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