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Claudie Hunzinger habite la montagne vosgienne avec Nils son compagnon de toujours. Leur ferme bourrée de livres, de poésie, est située hors route, hors chemin, en pleine nature. Les herbes peuvent épouser les mots et le chant n’en sera que plus beau.

S’il arrive à l’auteure de se rendre dans une librairie pour une rencontre avec des lectrices et lecteurs ou d’aller à Paris, dans sa maison d’éditions, c’est toujours rapidement. Car cette montagne, ce havre où la nature se révèle par d’infinis craquements et l’odeur des graminées lui manque très vite.

Un jour, après avoir repris sa voiture à Colmar (elle revenait de Paris) un cerf majestueux a frôlé sa voiture. Elle a voulu comprendre, mieux connaître cette population de cervidés. C’était plus qu’une curiosité dans la mesure où Nils et elle partageaient une partie du même territoire.

La rencontre avec Léo, photographe animalier qui officie sur les mêmes lieux est déterminante. Il lui apprend les lieux et parle des bêtes à qui il a donné des noms. Il comble en partie son désir de découverte, son besoin de pister, de suivre, de se mettre à l’affût, de se fondre dans la nuit, moment où le monde animal peut aller et venir sans grands risques. Mais cette approche des rites et pratiques des clans de cerfs, pour passionnante qu’elle soit, va aussi lui montrer quelques cruautés dont se rendent coupables les humains.

Chasseurs et membres de l’ONF (chargés de veiller sur les forêts) s’entendent à merveille et même avec Léo. La forêt doit se régénérer toute seule, c’est-à-dire qu’on va tirer de plus en plus de cervidés et tant pis si on fragilise le règne animal. Ce sont les anciens cerfs, les anciennes biches qui transmettent leur savoir aux plus jeunes. Et si l’humain savait observer, il pourrait mieux comprendre cette nature qu’il dit préserver. Mais il n’en a hélas que faire.

L’écriture de Claudie Hunzinger est toujours aussi belle et précise. On la suit dans les fourrés, on la devine aux Hautes-Huttes. De livre en livre cette maison prend des noms différents, c’est bien ainsi que s’élabore un roman : entre vérité –mais qu’est-ce que la vérité ?– part de rêve et fiction. La fiction est souvent plus vraie qu’un récit autobiographique.

Ces pages révèlent la cruauté des hommes, leur folie de vouloir régner sur la nature et le monde animal. Tout n’est pas dû à l’homme. S’il a conquis des droits, il ne doit pas oublier ses devoirs.

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