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n-LEILA-SEBBAR-628x314.jpgL’Algérie est chère au cœur de Leïla Sebbar. C’est son pays d’origine et, de livre en livre, de recueil de nouvelles en recueil de nouvelles ou d’ouvrages qu’elle a dirigés, c’est toujours ce pays qui revient et sous sa plume, la vie des femmes qui y vivent. Elle conte mieux que personne leurs silences ou leurs chuchotements, leurs espoirs et leurs chagrins. Les histoires se déroulent au dix-neuvième, vingtième et vingt et unième siècle. A la fois semblables dans les battements de cœur ou les peines ou différentes, selon le lieu et le milieu social.

Si la modernité et l’histoire ont parfois conduit ces femmes venues des terres de soleil en des lieux plus gris (les villes françaises) qui ont à voir avec l’Algérie, qui fut terre conquise avant de devenir française puis d’être indépendante, ces femmes nous touchent, elles ont un point commun, celui de vivre ou de se trouver dans la chambre. Un lieu clos, comme dans les maisons closes, un lieu clos comme dans la chambre du harem et toujours au service de l’homme qu’il faut combler. Parfois la chambre est une cellule, celle du photographe, mais quelle qu’elle soit, elle est une prison. Comme si ces femmes n’étaient nées que pour plaire.

Quand surgit une rebelle, c’est au risque de sa vie. Quelques-unes bravent les interdits. L’amour vrai donne le goût du risque. Gabrielle attend Victor… Victor aussi, mais pas dans le même lieu.

Pour ces portraits serrés, ramassés, la plume de Leïla Sebbar trace, dissèque. On dirait un scalpel lâché sur la feuille. Pas un mot de trop ! Telle une chirurgienne, elle va au cœur de la plaie, dire et décrire la blessure pour mieux suturer, réparer, peut-être ?

La préface de Michelle Perrot est une pure merveille. Elle adhère aux descriptions offertes, c’est l’histoire des femmes qui est montrée avec cet espoir, fou, insensé. A celles qui ont subi, ont succédé celles qui ont résisté, se sont dressées, ont fui. Une vieille femme, qui sans doute n’avait pas contré les anciens à son époque, dira à l’un des poursuivants en quête d’une fille échappée : « Elle a pris le bateau. Elle est libre, laisse-la vivre. »

Leïla peut continuer d’écrire à la frontière… Elle nous montre l’autre rive. Un jour tout sera possible.

 

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