9782213712154-001-T.jpeg

images.jpeg

Voici une décennie d’amour ou de désamour entre Dora Maar et Picasso. C’est le roman de deux génies qui vont se dévorer pour exister.

De Picasso beaucoup a déjà été dit ou écrit. Le peintre, dessinateur qui a su par son génie être connu et reconnu de son vivant. Mais à quel prix ?  Un homme de caractère, un fort tempérament, sûr de lui et qui sut utiliser ses proches et moins proches. Picasso était un prédateur… Un besoin de soumettre l’autre, de s’en servir, comme si sa vie était un combat. Il était le taureau dans l’arène de la vie et des arts.

Et Dora Maar, qui fut-elle ? Née d’un père architecte d’origine croate et d’une mère française, elle passe les premières années de sa vie à Buenos-Aires. Elle adore son père qui la conduit dans des lieux où les petites filles ne devraient pas être. Des clubs de danse, où elle voit danser des hommes se livrer au tango. Des corridas aussi. Très tôt, elle respira le goût du sang des arènes. Ses parents se séparent et elle arrive en France quand elle a treize ans. C’est une enfant à part, éveillée à l’art. La photo l’attire et on ne la verra qu’avec un appareil photo. Elle rencontre quelques maîtres qui l’initient. Elle comprend vite et sait capter la lumière et l’âme des êtres photographiés. Elle fréquente quelques groupes dont les surréalistes André Breton, Paul Éluard, Man Ray, Georges Bataille, l’horrible homme, sado et maso, obsédé par la pornographie. Elle observe sans entrer dans le jeu sombre. C’est autre chose qui l’intéresse.

Éluard et la bande copains vont tout faire pour lui faire rencontrer Picasso, en couple avec Marie-Thérèse, la petite Maya vient de naître. Qu’importe, le maître multiplie les aventures ! Les femmes passent d’un lit à l’autre. Il veut une femme au tempérament viril. Dévoreuse comme lui s’empare de ses proies. Ce sera Dora…S’il ne l’aime pas, comme il le confiera à Malraux, elle le fascine. Ils se rencontrent au moment où l’artiste se cherche, s’est lancé dans la poésie. Peindra-t-il encore ? Elle devient sa muse et sa chose. Elle sera son inspiratrice. Guernica ce sera avec elle.

Alain Vircondelet est un excellent biographe. Personne n’a oublié son art pour nous offrir des vies de Saint Exupéry et Consuelo, d’Albert Camus et Maria Casarès, Marguerite Duras. Dans cet ouvrage, il scrute l’époque, de la guerre d’Espagne à celle de 39/45 dans laquelle un couple de légende, au milieu de gens bien nés qui s’ennuient, se livrent à toutes sortes d’expériences. Historien de l’art, il prouve son talent sans oublier cette plongée dans la personnalité de cette femme belle comme une princesse étrusque. Forte et fragile. Il offre une véritable psychanalyse de Dora Maar, décortique ses faits et gestes, ses silences comme ses colères. Une vie qui s’achèvera dans l’oubli pour elle. C’est ce qu’elle a demandé pour mieux se tourner vers la mystique, vers ce ciel à qui elle offre tout jusqu’à la folie. Elle ne peut aimer qu’en souffrant.

Ne ratez pas cet ouvrage !

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s