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Elle avait vingt ans. C’était le premier novembre de l’année 1968, toute la famille s’était réunie à Biarritz et les plus jeunes décidèrent d’aller se promener au bord de l’océan, très exactement à La Chambre d’Amour. Il y avait Annie et Gilles son amoureux, Dominique, le frère d’Annie et Jean-Marie, le petit frère de quinze ans, le narrateur de ce récit.

Une vague puissante est arrivée, trop vite, sûre d’elle, qui les a arrachés aux rochers. Dominique et Jean-Marie s’en sont sortis, mais Annie et Gilles ont lutté contre l’eau furieuse qui est repartie les laissant exténués. Annie n’a pas survécu, il était 15 h 45…

Pourquoi a-t-il fallu attendre cinquante ans pour que l’auteur ose se souvenir, remette de l’ordre dans les événements ? Il a eu le sentiment de naître ce jour-là… Est-ce parce qu’un jour des amis sont venus dans la famille –Annie trônait dans un cadre– et qu’ils ont demandé à son frère : qui est cette jeune femme ? Oh, une amie de la famille, a-t-il répondu presque honteux. Pourquoi Annie était-elle tombée dans cet effacement ? Les parents décédés ont-ils en quelque sorte libéré le narrateur ? Il lui a semblé qu’il devait chercher, comprendre, partir à la recherche de cette grande sœur.

Et il écrit, raconte, pense se souvenir, se trompe, mais ne corrigera pas ses erreurs, il nous les offre et rectifie ensuite. La mémoire est ainsi, elle comble les oublis. Du moins, le croit-on… On met des mots sur les maux, mais on ne répare rien. « La mission de la littérature est-elle seulement de dominer la douleur, de l’exprimer, de la soigner, de l’apaiser ? Certainement pas. J’écris ces lignes alors que la douleur n’est plus là. Annie est désormais une ombre familière, elle a cessé de me hanter. » Mais existe le risque de voir l’ombre se dissiper à jamais.

Et l’auteur de tenter de renouer avec les témoins de l’époque. Qu’est devenu Gilles dont il croit qu’il s’est marié, est revenu voir ses parents avant de s’effacer ? Il y aura les retrouvailles avec Lydie, une amie d’Annie qui dessinera le portrait d’Annie. Lydie, l’artiste qui rejoindra Jérôme Savary.

L’auteur parvient à dénicher des cartons dans lesquels il pioche des bribes de correspondance, des photos. Par la même occasion, il raconte la belle histoire d’amour de ses parents. Et voici que sous sa plume, Annie, grâce aux témoignages recueillis, se dessine plus précise, plus incarnée, en quête d’une vérité prisonnière de trop de tourments. Elle aimait l’amour mais avait le don de ne s’attacher qu’à des hommes qui d’une certaine façon se moquaient d’elle. Gilles a eu la patience et la constance pour la conduire sur les chemins de la vie mais l’élan sera emporté par la vague.

Des pages bouleversantes sous la plume de l’auteur qui nous offre des photos de cette jeune femme rebelle qui se cherchait. Une femme d’aujourd’hui !

Bravo !

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