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Jusqu’à l’âge : de dix ans, Louisa a grandi dans un foyer aimant entre Nicolaï, son père et sa mère Elena, soprano… Et vint ce jour, où la mère, embrassant l’enfant a dit « À dans trois jours ! »Phrase banale pour Louisa : maman partait souvent pour se produire. Sauf qu’Elena n’est jamais revenue. Longtemps après, Nicolaï révèle à sa fille les raisons de cette fuite. Car fuite il y eut. Elena venait d’apprendre qu’elle était enceinte d’un enfant trisomique qu’elle ne pouvait pas garder. Une décision qui a fait qu’elle n’a jamais osé regagner son foyer.

Et l’on retrouve Louisa préparant son doctorat et qui rencontre Marthe Gautier. Si Louisa, Nicolaï et Elena sont des personnages de fiction, Marthe Gautier, chercheuse, scientifique existe.

Corinne Royer a l’art, la manière et le talent de mêler fiction et réalité. Marthe Gautier est à ranger dans les étagères destinées aux héroïnes trop silencieuses, trop discrètes dont a profité un homme devenu célèbre à la tête d’une fondation pour la préservation de la vie et dont de belles âmes, qui sans doute le méconnaissent, veulent faire un saint. Une demande de procès en béatification a même été déposée à Rome !!! Car c’est Marthe Gautier qui a découvert le chromosome surnuméraire de la trisomie 21 et qu’on a écartée au profit de cet homme nommé Jérôme Lejeune. Pensez donc, une femme scientifique, bosseuse, ça existe ?

Corinne Royer, que j’avais déjà lue et rencontrée en radio a un immense talent. Sa plume prend les accents graves mais sublimes de la Suite pour violoncelle n° 5 de Bach, lape les larmes au goût salé qui sont comme un élixir aux vertus sédatives. Déjà les sons montent dans les gorges. Grognement d’ours. Gazouillis d’oiseaux. Des oh-oh-oh. Des ah-ah-ah. Et parfois rien. (…) Vingt et un enfants, certains tout de blanc de vêtus, prêts à entonner les chœurs du Stabat Materde Jacopone da Todi. Vingt et un chromosomes 21 supplémentaires à ceux de tout autre chorale dotée du même nombre de choristes.

Étonnante démonstration pour oser dire que ces enfants porteurs de trisomie 21 ont quelque chose en plus, et non quelque chose en moins.

L’auteure offre un roman bouleversant au-delà du possible. La quête de Louisa, l’élève docteur qui rencontre un autre visage maternel en la personne de Marthe, c’est une manière de dire je t’aime, une façon de rendre justice aux oubliés.

Ce roman eût dû se trouver à la vitrine de tous les libraires. L’auteure aurait dû être invitée dans bien des émissions littéraires, mais sans doute ses lignes, ses mots auraient dérangé la bonne société si bien organisée. Pas de désespoir cependant, faisons nôtre cette devise citée par Corinne et mise dans la bouche de Marthe Gautier : « Quand vient l’éclipse, accroche-toi à la lune »

À lire absolument. Un ouvrage à offrir, comme un baiser donné… Il est un chant de vérité sans lequel, il n’est point de vie vraie.

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2 commentaires sur « Ce qui nous revient, par Corinne Royer, éditions Actes Sud »

    1. Merci pour votre lecture, surtout, cet ouvrage confirme ce que j’avais appris concernant Jérôme Lejeune et c’est fait avec tact et finesse. Par ailleurs, la fiction est très intéressante.
      Bien à vous
      Elise

      J'aime

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