France-Inter, ce matin, a révélé le lauréat de son quarante-cinquième prix, présidé par Riad Sattouf, l’un des papes de la BD, ou du roman graphique, comme on dit aujourd’hui, ça fait plus chic. C’est Arcadie, le onzième roman d’Emmanuelle Bayamack-Tam qui l’emporte. Un ouvrage publié chez P.O.L., une pépite littéraire, a-t-on affirmé, quand il est sorti. L’auteure ravie avait confessé : « Le corps est central dans mon écriture et je suis toujours étonnée qu’il ne le soit pas davantage dans celle des autres. » Elle ne nie pas être obsédée par la chair et le désir qui souffle où il veut et en tout corps qu’il soit longiligne ou obèse ou chez des héros sur le déclin : « J’écris depuis toujours sur le fait que le désir souffle où il veut et peut s’adresser à un corps qui ne correspond pas aux canons de beauté. » Belle déclaration, belle intention !

L’explication du titre du roman est facile. Dans l’antiquité, l’Arcadie était ce lieu béni des dieux qui représentait un âge d’or désormais perdu. Le premier chapitre s’intitule : « Il y eut un soir et il y eut un matin : premier jour », une référence évidente à la Bible, pour s’en éloigner tout aussitôt et raconter comment un homme se soulage dans une pastèque. La Bible revisitée, celle d’aujourd’hui, pétrie d’expériences libertaires à défaut de liberté !!!

Un autre prix. Celui-là m’a comblée. Le 7 avril passé, j’ai chroniqué sur ce blog, « Les hommes couleur de ciel » d’Anaïs Llobet aux éditions de l’Observatoire. Texte magnifique pour évoquer avec tact et pudeur l’indicible douleur vue, observée en Tchétchénie où il est interdit de parler de l’amour qui unit deux personnes du même sexe. Ces belles pages ont été couronnées du Prix Ouest France décerné à la fête du livre Étonnants Voyageurs qui vient de se tenir à Saint-Malo et c’est un jury de lecteurs âgés de quinze à vingt ans qui a élu ce livre.

Bravo à la jeunesse qui lit !

Bravo aussi à celle qui écrit !

Depuis trente et un an, existe le Prix de la Nouvelle des Lycéens (du Grand-Est aujourd’hui), créée par l’écrivain Roger Bichelberger qui nous a quittés en août dernier. Quel bonheur pour le jury composé en grande partie d’auteur(e)s de découvrir de jeunes talents démangés par la plume et qui caressent le papier avec passion ! Colette Bobenrieth, du lycée Georges de La Tour de Metz, s’était classée seconde l’an passé. Elle est lauréate cette année avec une nouvelle magnifique : Ce qui ne saurait disparaître. Elle y évoque l’occupation allemande qui a tout pris aux Mosellans et aux Alsaciens pendant ces longues années d’occupation, conséquence de la guerre de 1870 perdue pour la France… « Ils nous ont pris tous nos mots. Depuis les huit mois qu’ils sont là, nous sommes privés de parole, de tout avis. »

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s