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« Ce n’est pas possible d’avoir survécu… d’avoir survécu à ça » À 94 ans, Ginette Kolinka raconte la déportation parce qu’elle était juive. Elle ne cesse de témoigner dans les classes. Mieux, elle accompagne des jeunes, des scolaires à Birkenau, un lieu hors du temps où il est quasiment indécent de trouver beau un printemps, de voir une jeune fille qui fait son jogging non loin de la voie ferrée. Elle court sur l’herbe grasse que tant de morts ont jonché et l’envie vient à Ginette de lui crier : « Es-tu folle ? » tant il est vrai que, malgré les années, elle ne peut oublier.

Ginette a dix-neuf ans en 1944 quand la Gestapo l’arrête avec son père, son petit frère et son neveu dans le sud de la France. Un long périple par Les Baumettes à Marseille, puis Drancy avant d’arriver à Birkenau où elle a cru qu’on les envoyait travailler. Elle raconte l’inimaginable et n’oublie pas que c’est elle qui a dit à son petit frère et à son père âgé de soixante et un an, si maigre, si épuisé, de monter dans le camion qui les emporterait jusqu’au baraquement où ils seraient affectés. Les plus vaillants, comme elle, marcheraient le kilomètre restant à faire. Le camion, c’était pour les fatigués, c’est toujours ça qu’ils n’auront pas à faire, a-t-elle songé. « Ma naïveté m’a peut-être sauvée et les a condamnés… ».

Dans le camp, on apprend vite… schnell, Schlage, aufstehen. Les êtres rasés, nus, exposés ne sont plus rien… Moins que des outils, dont il faut prendre soin, frottés, rendus brillants comme neufs chaque soir. La violence, les jalousies, les maladies, la mort des plus faibles rythment les jours. En ces lieux, elle rencontre deux femmes admirables qui ne l’oublieront pas : Simone Jacob (Simone Veil) et Marceline Rosenberg (Marceline Loridan-Ivens).

Longtemps, Ginette s’est tue, ne voulant ennuyer personne avec ce vécu de l’horreur. Il a fallu La liste de Schindler, le film de Steven Spielberg pour que cèdent les verrous et qu’elle puisse enfin témoigner, non pour elle, pour se guérir, mais pour que les générations à venir sachent et ne reproduisent pas de telles tragédies. En ces lieux, elle répète aux jeunes : « Surtout, fermez les yeux… ne regardez pas !… Sous chacun de vos pas, il y a un mort. » 

Un ouvrage à lire absolument, à faire lire, comme une urgence.       

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