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Tout pourrait commencer par il était une fois un pauvre gamin des Alpes, vivant dans la république des Grisons, tant Michèle Kahn a l’âme d’une conteuse même pour évoquer l’histoire vraie de Johann, gardien de chèvres… Va-t-il rester au service de ce paysan rude, alors que là-bas, très loin, on peut vivre autrement ? Et si ses rêves le conduisaient en un lieu de sucre et de miel dont il serait le roi… Connu, reconnu, aimé ?

La république des Grisons est un lieu magnifique, c’est le pays aux cent lacs, aux trois cents glaciers à la beauté saisissante de mystère, où les oiseaux de toutes sortes se répondent et chantent sans doute l’espoir d’une ville meilleure, car vivre en ces lieux, quand on est paysan, et qui plus est, petit gamin au service de maîtres pas très argentés, n’est pas chose aisée. Aujourd’hui Les Grisons sont réservés aux puissants, mais avant… à la fin du XVIIIème siècle…

Pour se réaliser, Johann doit fuir son maître… Une force à laquelle il ne peut résister et le fait courir à travers les forêts, pieds nus, la faim au ventre. Il arrive en Prusse, à Magdebourg chez un cousin confiseur qui s’est déjà fait un nom…

On plonge dans cette époque à travers le regard curieux et intelligent de Johann, mais cela prend du temps. Comment se procure-t-on les matières premières pour devenir un bon confiseur, un bon pâtissier ? Derrière toutes ces richesses, il y a si souvent des trafics, des hommes et des femmes, des enfants aussi, exploités pour que les palais s’illuminent, pour que la langue apprécie et que les portefeuilles grossissent…

Si les rêves passent par-là, ils s’enracinent dans l’injustice… Des armateurs échangent de la pacotille contre des hommes et des femmes d’Afrique, les vendent ensuite comme esclaves en Amérique –oui les vendent ! – prennent en échange du sucre, du café et du cacao qu’ils rapportent dans les ports européens…

On suit avec bonheur la trajectoire, les découvertes, les apprentissages de Johann en même temps que l’auteure peint l’Europe sous la botte des soldats de Napoléon… L’Empire qui peut tout et qui s’effondre. Johann qui admire d’abord son grand homme avant de comprendre. Allons, il se console en clarifiant le sucre, en préparant les massepains… Quel foyer fondera-t-il une fois les apprentissages faits ? Ladina ?

Oui, tout peut commencer, dans ce livre, par il était une fois… Si le pauvre gamin a fondé le premier empire de la pâtisserie à Berlin, il restera à jamais Le père des pauvres.

La plume des Michèle Kahn dessine avec sensualité jusqu’à la volupté une époque. On se laisse prendre par les mots porteurs d’odeurs subtiles jusqu’à l’ivresse. Ces pages sont une gourmandise dont aurait tort de se priver.

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