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C’est un récit que tout le monde devrait lire… Une vie tournée vers les autres, une vie de femme, à la fois fragile mais si forte de liberté intérieure. Geneviève de Gaulle est une nièce du général de Gaulle qui s’est engagée dans la Résistance à sa suite. C’était pour elle le seul chemin possible vers la liberté. Geneviève de Gaulle sera arrêtée puis déportée à Ravensbrück, seul camp de femmes imaginé par Himmler. Elle retrouvera d’autres déportées dont Germaine Tillon. Elle aura la chance de s’en sortir, mais si faible…

Le mérite de cet ouvrage de Bernadette Pécassou, c’est de commencer par une demande, à la fois audacieuse –pour l’époque– autant qu’insensée. Geneviève s’adresse à Bernard Anthonioz et lui lance : voulez-vous m’épouser ? L’auteure de ces pages a su se glisser dans la peau de cette femme fragile, rescapée de l’enfer et qui se souvient de son enfance, de sa mère et de sa sœur trop tôt disparues, de sa merveilleuse grand-mère… Geneviève attend une réponse qui ne vient pas. Elle n’a pas oublié les conditions de son arrestation. Bernard est presque dans la sidération. Elle lui demande à lui de l’épouser, alors qu’elle vient d’un autre monde et qu’il est sans fortune…

Ces pages nous font découvrir les engagements de Geneviève : d’abord pour aider les autres rescapées complètement désorientées, puis au sein d’ATD Quart-Monde. Ce n’est pas rien de travailler avec le père Joseph Wresinski… Elle se battra à ses côtés pour que pauvreté et misère ne séparent plus jamais les enfants de leurs parents. On ne peut pas sauver les enfants de la misère en les arrachant à leur famille, en les dupant, en leur faisant croire qu’on les conduit à l’hôpital alors qu’ils sont emportés au commissariat, c’est indigne, c’est agir comme les nazis !

On découvre le quotidien de cette femme qui sut être une femme, une mère… Sans la présence du Très-Haut –une réconciliation, car où était-il dans les camps ?– sans la beauté de la musique dont Bernard ne peut se passer, sans la rencontre avec des peintres dont Chagall, que serait la vie ?

Bernadette Pécassou a réalisé un excellent travail en plongeant dans les archives, en rencontrant la famille et tant d’autres personnes proches d’une femme d’exception qui a su garder les yeux ouverts (joli sous-titre).

À lire, à faire lire, comme de toute urgence. Geneviève de Gaulle n’est pas une femme du passé. Elle est une femme d’avenir pour tous.

Bravo !

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