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Entre romans et essais, biographies ou approches de grands qui l’ont précédé sur les chemins de l’écriture et des interrogations qui lient les êtres souvent malgré eux, Cécilia n’en finit pas de creuser, de chercher le pourquoi du comment vivons-nous.

Je n’ai pas oublié À toi ma fille, des pages où elle s’adressait à sa fille. Qu’est-ce qu’une femme, qu’est-ce qu’une mère ? Je me disais après avoir lu cet ouvrage et les précédents dont le très beau Etty Illesum –l’auteure pointe les faits et surgissent les questions au fil des pages– ou celui consacré à Flannery O’Connor, Cécilia va inévitablement se tourner à la mi-temps de sa destinée vers celles et ceux qui l’ont mise au monde.

Et voici cette Loi du Père dont elle dit que les familles sans histoires n’existent pas. Combien elle a raison. Elle s’adresse à ce père tyrannique qui fut le sien mais quelque part a forgé son esprit critique qu’elle s’efforce aujourd’hui encore de transmettre à ses filles en ne fermant jamais la discussion. Elle parle des violences conjugales, celles qui commencent au sein des familles où, comme chacun sait, sont commis la plupart des meurtres. Elle parle encore de la puissance d’une bibliothèque sur les esprits en formation. Avoir à disposition des ouvrages… Que ferions-nous sans eux ?

Comment grandit-on face à l’injustice, sinon en se rebellant, sursaut nécessaire et indispensable ?

La disparition de ce père ne lui rend pas la liberté d’être. Tout m’inquiète, m’oppresse, me blesse. Je sens que je perds pied. Épuisée nerveusement, je pleure à longueur de journée. Pas sur l’absence de mon père, mais sur moi-même… La petite fille de jadis depuis longtemps orpheline de lui, vient de nouveau frapper à ma porte. (…)  Elle a pu (…) devenir femme, mais le couvercle qu’elle a posé sur l’enfance n’est pas hermétique.

Si le chemin est long vers la reconstruction intérieure, le plaisir de savourer la vie et ses paysages est source de renaissance, parce que, quelque part, le pardon s’est imposé.

Ce livre est magnifique. Bouleversant. Une rencontre manquée ? Je n’en suis pas sûre dans la mesure où Cécilia sait voir, entendre, donner le meilleur. Tendresse et lumière sont au bout de sa plume, elles viennent de l’âme, forcément de l’âme.

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