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Denis Hergott est trop discret. Un talent immense, poétique. Une écriture ciselée où le blanc entre les mots, les espaces entre les lignes ouvrent encore tant de portes.

Nouvelliste, auteur de récits et de romans dont on aurait dû parler en dehors de sa Lorraine où les hauts fourneaux et les chevalements ont poussé si vite qu’ils ont pris au piège les habitants des lieux… Un piège comme un carcan –y compris après les fermetures d’usine et de la mine– propice sans doute au rêve et à une quête de soi.

L’auteur est diplômé des Beaux-Arts et écrit, sculpte la langue. Il ne sait pas pourquoi il s’est tourné vers l’Écosse, dans cet ouvrage. Et si c’était l’Écosse qui, par-dessus les nuages et quelques ombres, était venue à lui ?

Scottish blues entraîne le lecteur dans un voyage au long cours avec des escales, des retours entre 1970 et 2016. Si l’Écosse est le but de ce voyage identitaire sorte de quête d’absolu, l’auteur s’interroge, se cherche, veut comprendre. De belles haltes en Meuse, à Montmédy, terre d’un peintre naturaliste contemporain de Friant. La journée se prêtait à la balade. Nous improvisâmes un petit crochet par Montmédy non sans nous octroyer une immersion dans l’univers du peintre Jules Bastien-Lepage enfant du pays, mis à l’honneur dans l’un des musées de la citadelle.

S’il y a le voyage qui permet la construction, il faut les mots pour expliquer les destinées, mais il est nécessaire d’en user à bon escient pour briser un silence lourd de chagrin… Les mots. Les mots s’ameutant dans mon esprit, lourds, tristes, doux, cruels ou voilés, certains plus audacieux que d’autres se cognant aux parois ébréchant même le garde-fou d’une bien précaire lucidité… Ils tombent sur le papier ces mots et ils dessinent l’impossible ou traversent la nuit intérieure. Et si cette quête de l’Écosse, si le blues qui en découle étaient l’héritage d’une blessure des ancêtres. Un certain mal être de famille quand des milliers de Mosellans, dont les parents de l’auteur, ont dû fuir pendant la guerre pour aller dans le Sud-Ouest parce que les nazis les chassaient de leur terre.

Un récit sensible pour ouvrir les portes de la beauté où la vraie lumière pare d’espérance le lecteur jusqu’au point final. Alors, peut poindre la vie.

Ne pas se priver de ce texte !

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